Après avoir rendu hommage aux victimes de l’Heysel, Max Allegri s’est exprimé en conférence de presse à propos de l’état d’esprit des turinois à moins d’une semaine de la finale de Cardiff.

La première question qui nous vient à l’esprit est bien évidemment: dans quel état d’esprit se trouve la Juventus en ce moment ? « Nous sommes à cinq jours de la finale, il faut tout d’abord affronter cette semaine avec un maximum de sérénité en préparant le match sans anxiété, sinon nous ne serons pas prêts pour samedi. En ce qui concerne l’optimisme, il doit exister, mais la Juventus n’est pas favorite. C’est une finale de Ligue des champions contre le Real Madrid, qui a joué trois finales en quatre ans. Cette équipe y est habituée, comme l’est la Juventus. Donc, s’il faut avoir confiance en nous et être convaincus de nos forces, il faut toutefois être conscient que c’est le Real qui est favori. »

Parmi les forces de la Juve, on compte évidemment la défense, communément réduite au trio Barzagli-Bonucci-Chiellini. Mais Allegri étend sa BBC : « Nous avons un tas de BBC : Buffon Bonucci et Chiellini par exemple. Ou Benatia. Quoi qu’il arrive, ce sera un grand match, nous devrons être bons, garder notre calme, notre équilibre et ce sont les détails et la qualité des individualités qui feront la différence. Nous sommes convaincus de pouvoir ramener la coupe à la maison. »

D’ailleurs, l’entraîneur bianconero ne complimente pas seulement le secteur défensif, mais tous les garçons qu’il a trouvés « Fantastiques. Cette année, ils ont fait une saison extraordinaire. Je les remercie pour ça. Maintenant, il reste un dernier effort à faire, nous devrons être plus motivés que l’équipe adverse, même si ça ne sera pas facile. De toute manière, les garçons sont fantastiques. J’ai entendu tellement de fois dire que le championnat italien est facile, mais ce n’est pas vrai du tout. Finir avec 91 points, ce n’était pas simple non, surtout que le Napoli et la Roma ont fait une saison extraordinaire eux aussi. La Juventus a fait plus. Et gagner la coupe d’Italie pour la troisième fois, ce n’était pas facile non plus, ni arriver en finale de Ligue des champions. »

En ce qui concerne les conditions de l’équipe, Allegri qui malgré sa sérénité a dû mal à cacher son enthousiasme explique : « Il reste cinq jours avant le match, donc je dois voir comment ça évolue au fil de la semaine. Pour le moment, nous sommes en bonnes conditions, que ce soit physique ou mentale, bon dieu, nous allons jouer une finale de Ligue des champions, on est tellement enthousiastes, on ne pouvait rien demander de plus. Nous nous entraînerons une fois par jour, pas plus, et pas trop longtemps puisqu’il fait chaud, et ensuite vendredi nous irons à Cardiff. »

« Il y a eu une progression constante de la part de tous, que ce soit de l’entraîneur, du club ou des joueurs. La Juve doit s’habituer à se retrouver dans les huit premières équipes d’Europe au minimum. Elle doit vivre avec plus de sérénité, sans angoisse, parce que ça amène seulement à éparpiller son énergie. En ce moment, nous n’avons pas besoin de ça; nous devons affronter cette semaine comme si nous allions disputer une rencontre normale. Mais quand nous arriverons à Cardiff, nous devrons transformer cela en grande soirée. », ajoute-t-il.

Sur le match en lui-même, il ne désire rien ajouter de plus : « Je n’ai rien à dire, il faut agir. En ce moment, nous sommes concentrés sur ce que nous devons faire sans angoisse. C’est un événement merveilleux, nous l’avons mérité, les garçons nous l’ont offert à tous et nous allons à Cardiff confiants, avec plus de conscience et de conviction qu’il y a deux ans. Mais en face, il y a le Real. »

D’un côté donc, le Real. Une équipe qui a pas mal souffert contre la Juve ces dernières saisons, mais qui reste tout de même une habituée des finales de Ligue des champions avec un effectif exceptionnel, comme le souligne Allegri : « Le Real a, en plus de ses 11 titulaires, un bon banc : Asensio, Morata par exemple. Leur manière de jouer s’est améliorée au fil de la saison, Casemiro leur a donné l’équilibre qu’il fallait. Si c’est Bale qui joue, et bien c’est un garçon qui court beaucoup et qui aime jouer dans la profondeur, tandis qu’Isco est plus technique. »

Allegri adresse ensuite ses compliments à son collègue Zidane : « Gagner la Ligue des champions durant la première année et le titre la deuxième, ce n’est pas donné à tous le monde. Ce n’est pas facile de gérer une grande équipe, il y a beaucoup de facettes, il ne s’agit pas seulement de tactique. Zidane a prouvé beaucoup de choses. »

De l’autre, la Juventus qui revient toujours plus forte après la finale de 2015. Pour Allegri, il y a un changement particulièrement important « L’équipe s’est beaucoup améliorée sur un point : elle allume et éteint l’interrupteur au bon moment, et ça, c’est quelque chose de fondamental. Une grande équipe doit avoir cette capacité, parce qu’on ne peut pas toujours garder l’interrupteur allumé, elle doit savoir à quel moment l’éteindre et le rallumer. Aujourd’hui, nous ferons 35 minutes d’entraînement, et là, il faudra l’allumer. Une fois l’entraînement fini, nous devrons l’éteindre. Ce qui compte, c’est de l’allumer samedi à 20h45 quand l’arbitre donnera le coup d’envoi. »

Avec les idées de triplé qui courent depuis quelques temps, on en oublierait presque qu’arriver en finale est déjà une excellente performance, et qu’il faut voir cela avant de voir une victoire potentielle : « C’est un match important, mais les garçons doivent répéter ce qu’ils ont fait tout au long de l’année. Je pense que la négativité entraîne la négativité et que la positivité entraîne la positivité. Quand je suis arrivé, il y avait un halo de négativité qui faisait peur. Mais maintenant j’entends encore dire que nous avons perdu six finales sur huit jouées. Déjà, arriver en finale, ce n’est pas quelque chose de facile, c’est extraordinaire. Si on gagne, tout le monde sera heureux, mais ce qui compte vraiment, c’est d’être présent à cet événement. Nous sommes au bon endroit au bon moment, ensuite nous devrons être bons et avoir un petit peu de chance. Nous serons prêts à jouer cette finale, mais qu’est-ce que cette négativité m’énerve. Mais que c’est moche bon dieu ! »

Si l’équipe a progressé, c’est aussi dû à la croissance des individualités et à leur capacités à jouer ensemble. Un cas parlant est celui de Dybala et Higuain : « Il a fallu du temps pour qu’ils puissent jouer ensemble. Avec le changement de module, Dybala a dû comprendre qu’il fallait qu’il joue pour Gonzalo. Ils ont été très bons. A ceux qui accusent Higuain de ne pas être décisif dans les grands rendez-vous, je dis que peut être qu’il marquera en finale ».

Mais les joueurs ne sont pas les seuls à avoir grandi : « J’ai progressé dans ma manière d’affronter les événements. Arriver en finale me rend très heureux, je suis chanceux de pouvoir m’asseoir sur le banc samedi », a déclaré Allegri. « Nous avons plus de conviction par rapport à Berlin, nous avons progressé. Du coup, je suis serein. Notre parcours est vraiment beau, tous ceux qui étaient là durant ces trois années ont fait un beau travail. »

Déjà trois ans qu’Allegri entraîne la Juve : « C’est le deuxième match le plus important de ma carrière, le premier, on l’a perdu à Berlin et cette fois, nous devons le remporter, ou au moins mettre toutes les chances de notre côté pour cela ». 

Parlons une minute du futur : « La Juventus a un bel effectif cette année, en trois ans, elle a joué deux finales et a fait un autre bon parcours. Il faut encore peu de choses pour lui permettre de s’améliorer. Ce qui est sûr, c’est que le club est tellement bon qu’elle jouera les huitièmes l’an prochain. »

 

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