Max Allegri était hier l’invité de l’émission Sky Calcio Club sur la chaîne du même nom. Le mister toscan a longuement parlé de la saison qui vient de se terminer. Stile Juve vous propose en deux parties les temps forts de cette soirée.

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Le début de saison

« J’ai toujours dit d’attendre Noël car je sais qu’en général, toutes les équipes que j’ai entraînées commencent à tourner à plein-régime vers octobre-novembre. Nous travaillons beaucoup plus sur le physique que sur la tactique, surtout l’été. J’ai fait une erreur l’année dernière parce que nous avons repris une semaine trop tard. Je pensais que l’équipe avait besoin de cette semaine de repos en plus. Ensuite, nous avons eu les matchs contre le Borussia, Marseille et puis la Supercoppa et nous avons perdu quelques joueurs sur blessure… »

Un problème d’attitude

« Nous perdons le premier match contre l’Udinese alors qu’ils n’ont fait qu’un centre. Mais c’est l’attitude qui n’allait pas. Je dis toujours qu’il faut provoquer la chance. Quand tu as la bonne attitude, si quelqu’un tire, tu mets ta jambe en opposition, tu tacles, c’est compliqué pour l’adversaire de marquer. Si tu es mou par contre, il te suffit de lâcher 50 centimètre sur une course de 30 mètres pour encaisser un but. Il suffit de voir nos visages sur le second but que nous prenons contre la Roma, celui de Dzeko. Là tu te rends compte qu’on n’est pas rentré dans la saison parce que tu viens de faire une année importante, que tu as tout de suite gagné la Supercoppa, qu’il y a dix nouveaux joueurs, des jeunes… Cette année nous avons joué beaucoup de matchs avec 5-6 joueurs nés entre 1992 et 1996. Contre la Roma, nous étions trop passifs. Et dire qu’on failli égaliser à la fin… ».

Le jeu sans Marchisio et Pirlo

« Pogba ne peut pas jouer devant la défense. Au début, les résultats étaient insuffisants et on a crucifié Padoin. Mais Padoin est un joueur que tous les entraîneurs aimeraient avoir. A Vérone, on fait un très mauvais match, il entre et il est très bon. Il a fait ce qu’il pouvait devant la défense. Après, Padoin ne fait pas de longues passes de 60 mètres et il ne peut pas le faire. Mais tu ne peux pas dire à un joueur de faire des choses qu’il ne sait pas faire. Pourquoi je l’ai fait jouer ? Parce qu’à ce moment, c’était le seul joueur capable de jouer devant la défense, il garantissait de l’équilibre. Mais si les résultats étaient mauvais, ce n’était pas de la faute de Padoin.

Au début de saison, nous sommes sans Marchisio et sans Khedira. Khedira sortait de deux saisons sans avoir joué, mais c’est un des meilleurs milieux de terrain au monde. C’est difficile de trouver meilleur que lui, en termes de quantité, de qualité, de position sur le terrain et de lecture du jeu. Ce sont des joueurs qui comprennent tout de suite ce que tu veux et à qui tu ne dois pas expliquer les choses pendant une heure. Et donc ils font tout de suite la différence ».

Les critiques sur la gestion de Dybala

« Au début, j’étais critiqué et justement. Il n’y pas besoin d’être Allegri pour comprendre qu’il est l’un des meilleurs et qu’il deviendra l’un des attaquants les plus forts au monde, il suffit de le voir jouer. Mais Dybala venait d’une réalité complètement différente, il jouait une fois par semaine à Palerme. Zaza a eu le même problème en venant de Sassuolo. Là-bas, que tu gagnes, tu fasses match nul ou perdes, tu n’as aucune pression. Alors quand tu marques un but… Au final, Simone marque contre le Napoli. Juste après il joue contre Bologne, il est titulaire et il ne touche pas un ballon parce qu’il a passé la semaine à célébrer son but… Tant qu’ils ne trouvent pas l’équilibre mental, c’est compliqué. La normalité, c’est de jouer un match tous les trois jours et non seulement de gagner mais de mettre en place les prérequis pour le faire.

Pour en revenir à Dybala, il était habitué à jouer en pointe à Palerme où il avait de l’espace. A la Juventus, tu en as beaucoup moins donc il faut lui expliquer : tu ne peux plus jouer en pointe, tu dois jouer plus en retrait. Mais Dybala a encore une grosse marge de progression, il doit s’habituer à tirer avec le pied droit parce qu’autrement il ira toujours vers la gauche, il doit apprendre à faire plus de passes décisives parce que vues ses qualités, il n’en a pas fait assez pour moi. Nos jeunes sont des joueurs de très grande qualité et la Juventus a très bien travaillé en les choisissant. Mais il faut un peu de patience. Rugani ? Lui aussi venait d’Empoli… La première chose que je lui a dit ça a été : Daniele, ils te font tous les compliments parce que tu n’as jamais été averti. Dès que tu commences, tu donnes un gros coup et tu le mets par terre… »

L’après-Sassuolo

« On a revu le match avec le staff puis on s’est regardé dans le yeux et on a souri. Parce que quand dans un moment noir comme ça, si tu commences à penser négatif, tu vois le mal partout. Contre Sassuolo, on perd le match en n’encaissant qu’un seul tir cadré sur coup-franc et on a 3-4 grosses occasions. Au retour par contre, on gagne alors qu’on ne méritait peut-être pas la victoire cette fois-là. Après les paroles de Gigi, on s’est tous regardé et on est reparti des bases, en faisant un pas à la fois. Je leur ai dit : ‘pour le moment, nous sommes une équipe doit penser au maintien‘. Dans le derby contre le Toro, on a de la chance mais jusqu’au bout on a cherché à gagner. Plus tard, contre Empoli, on fait un mauvais match et à la fin de la rencontre, au lieu d’être content pour la victoire, on est triste et inquiet. C’est là que j’ai compris qu’on était sur le bon chemin. J’ai dit aux garçons : ‘si on regarde le classement, on se jette du haut d’une tour. Prenons les matchs les uns après les autres, essayons d’être à 6 points de la première place à Noël. En mars, je signerais tout de suite pour avoir 3 points de retard. Et ensuite, sur les six derniers matchs, on a quatre matchs à domicile et deux à l’extérieur. Jouons le coup à fond et voyons où ça nous mène’. Ensuite, les garçons ont fait quelque chose d’extraordinaire. Ils rentreront vraiment dans l’histoire. Les records sont faits pour être battus mais 25 victoires sur 26 matchs… Ne pas prendre de buts à domicile… »

La polémique sur l’arrivée d’Hernanes

« Les joueurs que j’ai à disposition, outre le fait qu’ils soient choisis par la société, sont les meilleurs. La confiance est fondamentale. Hernanes est un joueur qui s’est adapté pour jouer devant la défense, c’est un joueur intelligent, qui sait se servir de ses deux pieds. Il doit être un peu plus en mouvement dans la construction du jeu mais c’est quelqu’un qui joue aussi bien dans la profondeur qu’en passes courtes, qui n’hésite pas à jouer de la tête et qui peut donc intercepter les ballons hauts devant la défense centrale. On me parle d’Andrea Pirlo mais Pirlo est unique.

Sur les insuffisances défensives d’Hernanes : Au niveau défensif, l’équipe a commis quelques erreurs contre la Sampdoria et c’est lui qui est allé reconquérir les ballons. Maintenant, nous avons Marchisio qui est blessé, nous avons Hernanes et nous avons Lemina qui est un joueur qui a beaucoup de force physique. Il a l’air meilleur sur le plan défensif mais c’est le contraire, il fait beaucoup d’erreurs en phase de couverture et ne récupère pas assez de ballons ».

La crise de nerfs contre Carpi

« Celle-ci a été formidable, ils ont failli me faire passer un sale Noël… Quelque chose d’hallucinant. Cette journée-là, cette dernière minute… Souvent, avant la réunion technique, je leur remontrais l’image de Lollo qui rate un but à un mètre des cages. Quand tu vois ça, tu y repenses et tu essaies d’être un peu plus attentif. Ça a été un avertissement important parce que quand nous sommes revenus dans le vestiaire, il y avait vraiment une tension très élevée parce que nous avons failli mettre en danger notre remontée. Mon comportement ? Il y a des moments où il faut s’énerver et d’autres où tu dois transmettre de la sérénité ».

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