C’est Beppe Marotta qui a révélé cette information dimanche, peu avant le match contre Carpi :  » Barzagli est un grand professionnel et un grand homme, nous sommes disposés à prolonger son contrat. Nous avons déjà commencé les négociations et de notre côté, il y a une grande disponibilité, il pourrait terminer sa carrière avec le maillot bianconero « . Par ses mots, le directeur général de la Juventus a donc confirmé que la carrière de la Roccia n’était pas encore terminée. Le défenseur central qui fêtera ses 35 ans en mai prochain avait récemment affirmé que sa carrière internationale s’achèverait après l’Euro :  » Je quitte la Nazionale après l’Euro 2016, il est normal de céder sa place aux jeunes « . Mais il n’avait donné aucune indication quant à la suite de son parcours en club. D’après les premières indiscrétions, Barzagli, dont le contrat actuel s’achève au terme de la saison, devrait signer pour une année de plus et avec une option pour la suivante. Un engagement qui l’amènerait donc à 36 voire 37 ans et la probabilité que sa carrière s’achève en bianconero est ainsi très élevée, comme l’a indiqué Beppe Marotta.

Et pourtant, Andrea Barzagli revient de loin et a bien cru que sa carrière se serait arrêtée de manière précoce. Il y a un an, en décembre 2014, la rumeur se répandait dans les couloirs du Juventus Stadium. Il était alors question d’un traitement de la dernière chance (une nouvelle opération chirurgicale étant trop risquée) pour rendre le défenseur opérationnel. Le joueur avait d’ailleurs évoqué les difficultés rencontrées lors de son retour en Nazionale en mars 2015 :  » C’était une période très longue et compliquée. L’opération s’était bien passée. Le moment qui m’a le plus touché est quand à la mi-septembre, après sept jours, j’ai ressenti des douleurs et j’ai dû m’arrêter. J’ai voulu recommencer à courir mais j’avais mal et ils m’ont alors dit que j’avais une fracture de stress à l’os opéré. Là, le ciel m’est tombé sur le tête. J’ai pensé à arrêter, mais certains jours, je réveillais bien et je changeais d’avis. J’ai eu du mal jusqu’à ce que je rentre durablement dans le groupe. J’ai boité pendant 6/7 mois, même pour aller aux toilettes le matin, je n’étais vraiment pas au mieux « . Avant d’ajouter :  » Maintenant, je suis l’homme le plus heureux du monde « .

Le parcours de Barzagli à la Juventus aura donc toujours eu cette touche merveilleuse. Il arrive en 2011 presque gratuitement ( 500 000 euros, une somme dérisoire dans le football d’aujourd’hui ) et s’impose avec l’arrivée de Conte comme l’un des meilleurs défenseurs au monde. Bien que sous-coté au niveau international, l’Italie reconnait son talent. Il est élu meilleur défenseur de Serie A pendant 3 années de suite (2012, 2013, 2014) au Grand Gala de l’association des joueurs de Serie A (AIC). Le conte de fée semble s’interrompre au terme de la 3ème et dernière saison de Conte à la Juve. Le défenseur central connait quelques problèmes physiques récurrents au niveau du talon mais participe tout de même à la Coupe du Monde au Brésil. Si Conte et Prandelli ont cherché à le ménager avec des entraînements personnalisés, le joueur comprend que la situation ne peut plus durer et décide de se faire opérer après la Coupe du Monde. La Juventus pronostique une indisponibilité de 3 mois. Mais les choses ne se passent pas comme prévues. En octobre, alors qu’il doit faire son retour dans le groupe, la Juventus annonce que les nouveaux examens prolongent son indisponibilité d’au moins un mois. Au final, il faudra attendre février pour voir la Roccia rejouer. Il participe à un match amical avec la Primavera. Allegri et son staff, Paratici, Nedved, Pesotto ainsi que Bonucci, Chiellini, Matri, Pepe et Pirlo sont tous présents pour témoigner de leur soutien. Et les images d’un Storari déchaîné et agissant comme un ultra restent inoubliables :

Le test est une réussite. Au travail après 9 mois d’absence, il joue 75 minutes et retrouve ses sensations. Bien que la Juventus n’ait pas particulièrement ressenti son absence (la charnière Bonucci-Chiellini et les présences de Caceres ont permis à la Juve d’encaisser moins de buts que la saison précédente), Allegri sait que, tactiquement, le retour de Barzagli est fondamental. Il est un élément décisif pour basculer rapidement d’une défense à 3 à une défense à 4 au cours d’un même match. Buffon, Bonucci, Chiellini et lui se connaissent parfaitement, ils sont capables de jouer ensemble les yeux fermés. Il fait ainsi son grand retour le 9 mars 2015 contre Sassuolo, en remplaçant Tevez à la 86ème minute.

Et le conte de fée peut reprendre. Le moment clé reste la blessure de Pogba contre le Borussia Dortmund après seulement 26 minutes. Le français est remplacé par Barzagli et son absence va pousser Allegri à utiliser de plus en plus le 3-5-2, ‘comme au bon vieux temps’. Et si Allegri continue de miser sur la défense à 4 en Europe, la confirmation de la disponibilité de Barzagli pour remplacer Chiellini en finale de la Ligue des Champions est vécue comme un soulagement. Et ce soir là à Berlin, la Roccia sort un match extrêmement solide prouvant que malgré ses 34 ans, il reste une référence. 

En fin de contrat en 2016, nombreux étaient ceux qui annonçaient que cette saison serait la dernière de Barzagli. L’instauration définitive de la défense à 4 (et donc de la charnière Bonucci-Chiellini), l’arrivée et l’intégration progressive de Rugani ou encore le poids de l’âge étaient autant d’éléments qui devaient pousser Allegri à mettre Andrea au placard. Sauf qu’en absence d’un trequartista digne de ce nom et vue la fébrilité défensive observée en début de saison, Allegri n’a pas eu d’autre choix que de revenir au 3-5-2. Barzagli est ainsi redevenu indispensable, Allegri n’hésitant même pas à lui faire occuper le couloir droit d’une défense à 4 en l’absence de Lichtsteiner, utilisant notamment sa vitesse (flashé à 35,64 km/h, il est le juventino le plus rapide cette saison selon Tuttosport). Il est aussi le seul juventino inséré dans l’équipe-type de l’Uefa pour les phases de groupe de la Champions League. Au cours des dernières semaines, de nombreuses équipes comme le Milan, la Roma, le Napoli et la Fiorentina ont espéré que le défenseur serait tout de même libéré en fin de saison. Mais Marotta a tout de suite mis un terme aux espoirs de ces concurrents : Barzagli sera bien là la saison prochaine. 

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