Dans la nuit de Lyon, certains jureraient avoir vu Andrea Pirlo sur le terrain et avec le maillot de l’Italie, en train d’inventer des trajectoires d’une cinquantaine de mètres et d’une précision presque chirurgicale. Mais Andrea Pirlo n’était pas à Lyon, il est désormais à New York aux Etats-Unis. Non, l’homme qui a envoyé Giaccherini vers le but de Courtois est un défenseur, il s’appelle Leonardo Bonucci et dans son double rôle de défenseur/regista reculé, il a impressionné toute l’Europe. Et surtout la presse belge, épatée par la qualité de passe du défenseur bianconero.

Symbole de la culture italienne

L’Italie, c’est bien connu, est surtout un pays de défenseurs. Elle est riche d’une culture qui devient une ressource lorsque le jeu devient dur : aujourd’hui, la meilleure expression de cette école s’exprime dans les gestes de Bonucci, avec la Juventus et maintenant en Nazionale. A la demi-heure de jeu, le défenseur de la Juventus a été le premier à dégainer un éclair de génie dans la rencontre avec cette passe exceptionnelle à destination de Giaccherini. Leo a pris ses responsabilités sur le terrain et il les a maintenues en dehors aussi, au moment de répondre à la presse : « Les Italiens seront fiers de nous mais une rencontre ne suffit pas. Rappelons-nous ce qu’il s’est passé il y a deux ans, au Brésil : victoire contre l’Angleterre et ensuite retour à la maison. C’est notre devoir, à nous les petits vieux, d’expliquer que le prochain match est toujours le match de notre vie ».

Après la rencontre, Bonucci a aussi évoqué une Italie avec « des couilles » et a souligné l’importance du groupe : « J’ai des frissons quand je repense à la célébration de notre banc quand Graziano a tué le match avec le but du 2-0 : j’ai un peu d’expérience et je vous assurer qu’il est rare de voir une telle joie collective. Ca, c’est un groupe… ».

« Si David Luiz vaut cinquante millions… »

Contre la Belgique, Bonucci a montré la voix avec une passe ‘’pirlesque’’ comme on dit faisant ainsi craquer la défense belge. « Emanuele Giaccherini a fait mieux que moi » disait-il en souriant après le match. Reste qu’en Italie, personne ou presque ne fait mieux que lui. Passes courtes, passes longues, vision du jeu… Le tout avec une régularité extraordinaire. On peut citer, à titre d’exemple, cette autre passe magique à destination de Dybala contre la Roma.

Dans la lignée des Maldini, Nesta et Cannavaro, Bonucci a perpétué, au moins contre la Belgique, la grande tradition des défenseurs italiens. Une tradition qui fait rêver les plus grands clubs européens, le Chelsea de Conte en tête ainsi que le City de Guardiola, qui a révélé son admiration pour le joueur cet hiver. La Juve refusera directement toutes les offres alors que ce matin, le Corriere Dello Sport expliquait que « si David Luiz vaut 50 millions d’euros, Bonucci en vaut aisément 60 ».

Interrogé sur l’avenir, Bonucci dit ne penser qu’à la Suède. Vendredi, à Toulouse, avec Barzagli et Chiellini (eux aussi félicités par l’Europe entière), il devra contenir un géant : Zlatan Ibrahimovic. Mais peu de doutes sur le fait que le défenseur azzurro aura aussi l’occasion de distiller quelques passes dont il a le secret.

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