Gigi Buffon a donné ce jeudi une longue interview à la Gazzetta dello Sport. A quelques jours seulement de ses 38 ans, il a abordé beaucoup d’aspects de sa carrière passée, présente et de son futur.

« Dans quelques jours je fêterai mes 38 ans, j’ai passé plus de 20 ans de ma vie dans le football. Les 3 premiers moments qui me viennent à l’esprit sont d’abord la joie énorme de mes débuts en Série A, c’était l’aboutissement d’un rêve. Ensuite, naturellement, la victoire du Mondial en 2006. Enfin, la persévérance, l’obstination et la détermination qui me permettent encore aujourd’hui de rester au  haut niveau. »

A la question de savoir quelle avait été la Juve la plus forte pour lui, la réponse est multiple : « Je pense d’abord à l’équipe de Lippi en 2002-2003, avec la finale de Ligue des Champions perdue aux tirs aux buts : beaucoup de jeu et d’organisation. Au niveau du meilleur effectif, aussi bien titulaires que remplaçants, les deux ans de Capello. Puis je ne négligerais pas non plus le caractère et la continuité des dernières saisons avec Conte et Allegri. »

Il a ensuite abordé les difficultés rencontrées par la Juve en ce début de championnat où il fallait se remettre en route pour ne pas sombrer : « Je n’ai que peu d’années à jouer encore devant moi, je ne veux donc pas perdre de temps à vivre des périodes sombres et sans objectifs. Cela a été la réponse fondamentale pour l’ensemble du vestiaire, que ce soit pour ceux qui venaient d’arriver à Vinovo comme pour ceux qui y vivent depuis de nombreuses années. Je pense aussi que le rôle du coach a été décisif : il a su presser les bons boutons pour que l’on reparte au mieux. »

Pour lui ce n’était pas de la folie de croire encore au Scudetto : « Les maths me plaisent, j’aime les nombres et ce soir là j’ai fait un calcul qui m’a donné de l’espoir. Pour gagner le Scudetto et accéder à la Ligue des Champions, il faut 25 victoires, nous en étions à 3, nous devions donc gagner 22 fois en 28 matchs. Cela m’a paru faisable et aujourd’hui  nous sommes déjà là à lutter pour le Scudetto. Le 0-0 contre l’Inter n’était pas qu’un bon résultat pour eux. En réalité, si nous avions perdu, cela aurait été le coup de grâce d’un point de vue psychologique. Nous avions une bonne Juventus ce soir là et je me suis rendu compte qu’avec la bonne attitude et chaque chose à sa place nous serions encore un obstacle difficile pour tous. »

La Juve est de nouveau un des grands favoris et pour le Capitaine bianconero : « C’est beau et gratifiant de voir le respect et la peur que nous réussissons encore à susciter, mais je crois qu’à un certain point tout était entre les mains de nos adversaires. Personne n’a su nous mettre à distance comme a pu le faire la Juve les années précédentes. Si nous remportons le Scudetto, nombreux seront ceux à s’en mordre les doigts. Ceci dit, la route est longue et les jeux sont encore ouverts. »

Gigi a ensuite abordé le match de dimanche contre la Roma et les retrouvailles avec Totti qu’il verra peut être pour la dernière fois en tant qu’adversaire : « Dimanche nous avons l’occasion de mettre à distance un adversaire dangereux car si nous gagnons, nous les envoyons à 10 points : c’est fondamental, plus loin est la Roma, mieux nous nous portons.  A l’égard de Totti, il y aura seulement beaucoup d’affection. Peut être qu’il y aura un peu de mélancolie aussi en repensant à nos jeunes années passées ensemble en équipes nationales espoirs et -18 ans, quand nous étions plein de rêves, c’était des années merveilleuses. »

Il a ensuite abordé le cas du jeune gardien du Milan AC, Donnarumma : « Il fait de grandes choses et n’est pas effrayé ou impressionné de se confronter à un stade comme San Siro : le maillot du Milan est lourd à porter. Outre sa personnalité et sa sérénité, il a des compétences techniques et physiques importantes, il est réactif. Mais la chose qui me plait le plus est que nous parlons d’un bon garçon, très posé, ce qui est essentiel pour faire carrière. Il est droit et a une belle présence. Bravo aux médias qui contribuent à l’aider à grandir progressivement sans trop de pression inutile. Ils sont intelligents et mesurés à son égard, c’est comme cela qu’il faut faire avec les jeunes. »

Au sujet de Dybala : « Il est l’obsession de mon père, il était encore plus content que moi lorsque l’affaire s’est conclue avec Palerme. Je crois que Dybala a tout d’un grand champion : la tête, l’humilité, l’attention sur les détails, le caractère, la faim et la technique. Il a toutes les cartes pour entrer parmi les grands du football mondial. »

Buffon a ensuite exprimé son ressentit face au peu de chances de victoire que l’on accorde à la Juve contre le Bayern en Ligue des Champions : « C’est une étape difficile. Il nous faudra la rage, le cynisme, une grande volonté et un peu de chance pour changer le pronostic. »

Il a donné ensuite son avis sur son exclusion de la liste des candidats du dernier ballon d’or : « Je réponds sans hypocrisie, vraiment cela ne m’a rien fait. Je l’aurais peut être mal pris si j’avais pu avoir une chance de gagner, mais pour arriver 20ème ou 40ème… Au final, cela m’a fait plus de publicité comme ça. »

Gigi Buffon a enfin abordé comment il imaginait son adieu au football et ce qu’il envisageait pour l’après : « J’aimerais arrêter la tête haute, c’est l’engagement de toute une vie : celui de pouvoir regarder droit dans les yeux ceux qui sont devant moi. J’aimerais sortir avec le bruit nécessaire, sans exagérer les célébrations. Mes 40 ans sur le terrain et le prochain Mondial sont mes derniers objectifs en tant que joueur.  Les émotions que l’on ressent sur le terrain, on ne peut pas les vivre derrière un bureau même si on te donne la possibilité d’influencer quelque chose il faut avoir des idées. Je ne demande de cadeaux à personne. Je crois qu’il serait vraiment plus beau de chercher à apporter quelque chose de novateur grâce à l’expérience et au vécu après tant d’années de carrière à haut niveau. »

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