Gianluigi Buffon était l’invité de l’émission Italienne « Tiki Taka ». A cette occasion « San Gigi » s’est exprimé sur différents sujets. De sa carrière en passant par la Serie A, le Scudetto, le Napoli et ses souvenirs, Buffon livre ses analyses. Mais ne perdons pas plus de temps et entrons dans le vif du sujet. Silence Buffon parle !!

Comment ça va Gigi ?
« Je vais bien merci »

As-tu regardé Cagliari – Napoli ?
« Non j’ai suivi le résultat depuis mon téléphone et il semblerait qu’ils n’aient pas eu de problèmes » (Rires)

Que représente une parade après plus de 20 ans de carrière ?
« C’est un frisson qui traverse votre corps de la tête aux pieds et qui est immédiatement reconnu par le public qui explose avec des cris d’admiration »

Di Biagio a dit que tu ferais probablement parti de l’expédition en Mars. Tu veux dissiper des doutes ?
« Non il n’y a rien à rajouter, si ce n’est le sens des responsabilités et le sentiment d’attachement que j’ai donné à la Nazionale même dans ce moment de transition où il y a des matchs amicaux. J’ai pensé partir en vacances avec ma famille quelques jours, mais je pense que si l’équipe nationale a besoin il est important de répondre présent et de ne pas déserter. »

Pour toi c’est donc une question de loyauté ?
« Oui dans un sens c’est une forme de loyauté, mais c’est surtout mon sens des responsabilités car au-delà du fait de ce que sera mon avenir en Juin, c’est une nouvelle aventure qui est sur le point de naître en commençant par les premiers matchs qu’on ne peux pas aborder de la manière la plus sereine. Parce qu’affronter Messi et compagnie, puis ensuite l’Angleterre chez eux, nous aurons besoin du soutien des experts et recevoir des paroles encourageantes et avoir leur expérience à disposition. »

Vous avez une bonne relation avec Szczesny. Vous êtes très amis ?
« Oui nous sommes vraiment très amis, nous sommes très proches. Nous avons créé une belle union et  une collaboration incroyable, cela se voit même sur le terrain car à chaque fois que Tek a joué, il a été protagoniste des victoires, il nous a offert beaucoup de points et nous a permis de rester proche du Napoli »

Pourquoi l’appelles-tu Tek ?
« Il veut qu’on l’appelle comme ça, parce que son nom et son prénom sont tellement imprononçables ! Il a trouvé ça pour nous aider » (Rires)

Que vous êtes-vous dit sur le terrain avant la décision du report du match avec l’Atalanta ?
« Nous nous sommes dit qu’au delà du temps que nous aurions pu aussi attendre, ça devenait vraiment dangereux pour l’intégrité physique des 22 joueurs, parce qu’on glissait tous les 3 pas. Puis il y avait aussi les gens dans les tribunes, nous ne voulions pas les faire attendre peut être une autre heure, heure et demie. La neige tombait fortement. Il y avait la possibilité qu’elle s’arrête d’un moment à l’autre mais nous ne voulions pas faire attendre les gens trop, car clairement il fallait encore qu’ils retournent chez eux ensuite. » 

Le + 4 virtuel du Napoli cause t-il un complexe à la Juventus ou cela ne change rien ?
« Assurément il était psychologiquement et mathématiquement préférable de rester à + 1, mais nous sommes une équipe de soldats prêt à combattre, donc nous savons qu’il faudra tout donner si nous voulons décrocher notre 7e scudetto. Je ne dis pas qu’il faudrait un miracle parce que nous avons quelque chose à faire d’incroyable car le Napoli ne nous offrira rien »

Si tu n’étais pas le gardien de la Juventus, tu voudrais voir le Napoli remporter le Scudetto ?
(Rires) « Au delà du fait que je sois le gardien de la Juventus, je suis aussi un passionné de sport, j’aime les histoires avec des sentiments, de la passion. Ce qui m’a déplu, en tant qu’italien et amoureux de football c’est de voir comment le Napoli est sorti d’une compétition européenne qui selon moi, pouvait les rendre encore plus protagonistes de leur histoire, à la fin ce ne sont que 2-3 matchs à jouer en plus. Une équipe comme le Napoli avait le potentiel pour mieux jouer ces cartes et arriver au fond de plus de compétitions. A la différence de ce qu’a dit Ferlaino qui avait dit qu’il serait pour la Juve jusqu’en finale et qu’en finale il serait pour l’équipe opposée ; moi j’aurais été pour le Napoli jusqu’à la finale, en espérant qu’ils la remportent. Car une équipe qui joue ce football là, aussi bien, il est juste qu’elle joue toutes les compétitions à fond. »

Y’a t-il un joueur du Napoli que tu aimes particulièrement ?
« Je pense que la force offensive du Napoli c’est l’équipe. Mais il y a aussi des individualités. Entre Callejon, Mertens, Insigne ou Hamsik, il y a des qualités incroyables. En ce moment, Allan est aussi une valeur ajoutée. »

Comment aurais-tu vu le match face à la Suède avec Insigne sur le terrain ?
« Je vais vous dire plutôt comment j’ai vu Insigne après le match face à la Suède. Pour moi, Lorenzo a démontré qu’il est un champion, un joueur extrêmement mature qui pense au collectif. Après le match il n’a pas fait de déclaration contre le Coach, ni de déclaration pour faire la polémique. Ce qui en dit long sur la croissance et l’amélioration de Lorenzo au cours des dernières années »

Tu t’es révélé être un vrai leader aussi en dehors du terrain au cours des dernières années. Qu’est-ce que ça signifie, être le Capitaine de la Juventus ?
« Surement le rôle… mais pas de capitaine… La croissance aussi humaine que j’ai eu en atteignant les 32, 33 ou 34 ans, a fait en sorte que je puisse percevoir les responsabilités d’une manière différente par rapport à quand j’étais plus jeune. En conséquence, pour trouver un équilibre et un bien être personnel, j’ai dû faire des choix, essayer d’être cohérents dans ceux-ci. C’est pour cela que pour moi, quelqu’un qui gagne, le fait de manière méritée, car il est plus fort, si un autre arrive second, troisième, quatrième, c’est qu’il a été moins fort et moins au point que celui qui a gagné. C’est tout le temps vrai. Après toutes ces années, c’est l’unique manière que je connais pour donner le maximum. »

La Juventus n’a pas eu de chance dans aucune finale de la Ligue des Champions. Y’a t-il un ADN ? Un destin ? Y’a t-il quelque chose d’ésotérique dans cette coupe que certains clubs gagnent plus que d’autres ?
« J’ai été protagoniste de 3 finales perdues. Contre le Milan c’était différent car c’était une histoire de tirs au but. Ensuite, ces trois dernières années nous avons rencontré le Barça qui était beaucoup plus fort que nous, mais nous avons joué notre match jusqu’au bout en donnant tout, nous avons perdu de façon méritée sur des épisodes. Enfin il y a eu le Real Madrid. On voit que ce sont tous des clubs avec des grands noms. Si on pense qu’il y a un destin, un manque de chance dans ce genre de rendez-vous contre des clubs comme ceux-ci, alors c’est une mauvaise réflexion, cela veut dire que vous avez mal jugé votre adversaire. Il faut tout simplement être capable de jouer comme eux. »

Nous avons fait un petit document vidéo sur toi. Qu’en as-tu pensé ?
« C’était beau, très gentil, mais aussi exagéré. Voir toute cette idolâtrie me met un peu mal à l’aise. Cela m’embarrasse. »

Que pensez vous de Reina ?
« C’est un très grand gardien, très décisif. Il a beaucoup d’impact sur le jeu du Napoli, pas seulement avec ses parades, mais aussi aussi de par comment il oriente l’action, comment il réussit à trouver ses co-équipiers avec ses pieds. C’est un gardien qui a une influence sur l’équipe et sur les matchs car il a beaucoup de personnalité et de charisme. Avoir ce genre de particularités rapporte souvent plus de points que de faire de belles parades. »

Tu as un rapport spécial avec Federer ?
« Oui de temps en temps nous nous écrivons, nous analysons ou nous psychanalysons. Il y a 3-4 ans à la fin d’une interview ils lui ont demandé quel était son secret de vie, et il a répondu « Je suis inspiré par Buffon ». C’était une déclaration très touchante. »

N’Kono est ta légende de toujours ?
« Mon amour pour le Cameroun est né au Mondial de 90 en Italie, avec le match inaugural à San Siro entre l’Argentine et le Cameroun, et le Cameroun l’a emporté 1-0. C’est de là que tout est parti, et de ce gardien de but spectaculaire et incroyable. »

Tu verrais d’un bon oeil un retour de Balotelli en Serie A ? Plutôt en tant que co-équipier ou adversaire ?
« Peu importe. Je serais heureux si Mario revenait en Italie parce qu’il aurait la possibilité de montrer qu’il a mûrit à 100%. Il pourrait prouver avec continuité que c’est un champion. Ça devrait être son grand défi à partir de maintenant et jusqu’à ce qu’il s’arrête de jouer »

Il pourrait revenir en équipe Nationale ?
« Je pense que tout ce qu’a fait Mario ces dernières années, surtout les deux dernières, cela devrait être pris en compte. Il a toujours un grand talent même s’il manque de régularité. Mais l’espoir de l’Italie est qu’il  ait mûris à 100%. Il a une puissance et une précision de tir que j’ai vu chez peu de joueurs, peut être Totti par exemple. »

T’attendais-tu à un Gattuso aussi tonique ?
« Bien sûr, Rino a conquis la confiance de tous avec ses résultats. Puis, je ne voudrais pas l’énerver, vu que tout le monde souligne cette facilité à l’entêtement et la grinta de Rino mais il faut souligner qu’il a aussi de la détermination. »

Il se met souvent en colère ?
« Oui et à juste titre. C’est un gars qui a étudié et qui a des idées de jeu et de tactique. Il ne veut pas que son professionnalisme soit diminué ou résumé par ses qualités de lorsqu’il était joueur, c’est à dire le tempérament et la grinta. »

As-tu donné une sorte de feu vert à Donnarumma pour qu’il poursuive en Nazionale ?
« Ce n’est pas comme si j’avais à lui donner. Il l’a gagné et il l’a mérité aux vues de ses performances de ces dernières années. Il a un grand talent. »

Quelle est la qualité principale d’Alisson ?
« A mon avis, Alisson n’est une surprise que pour ceux qui ne connaissaient pas le gardien, et le rôle de gardien en général. Je l’avais déjà repéré et j’étais attentif depuis 2-3 ans. J’aime sa façon tranquille de gérer les compétitions et comment il simplifie les interventions à chaque moment, rendant les attaques presque inoffensives, même dans des situations qui pourraient être délicates. Ça donne à l’équipe beaucoup de confiance et de sérénité. »

Le joueur le plus fort contre lequel tu as joué est toujours Ronaldo ?
« Oui je pense que c’est « El Fenoméno », celui de l’Inter. Il avait quelque chose d’incroyable – cette puissance ce physique, cette technique… c’est quelque chose que nous n’avions pas l’habitude de voir dans ces années de football là. Aujourd’hui il y a un Messi, même s’il n’est pas aussi puissant, qui a ce genre qualités. Mais à l’époque on aurait vraiment dit un extra-terrestre face à des humains. »

Avec Totti il y a toujours eu une rivalité sportive. Mais loyale et profonde ?
« Oui je connais Francesco depuis l’équipe Nationale des U15. Nous avons donc passé 25 ans de football ensemble et avons traversé des époques importantes. Je ne dis rien de nouveau en affirmant qu’avec Del Piero, Baggio, et Pirlo, ils ont été les plus grands talents de ces trente dernières années en ce qui concerne l’attaque. En ce qui concerne la défense je citerai aussi Cannavaro, Maldini, Nesta et compagnie. Je pense que pour lui ça a été très dur de quitter la Roma, de couper le cordon avec son club de toujours et ce rôle de joueur. Mais il y a un moment pour tout le monde où il faut choisir de raccrocher et de se préparer à une nouvelle vie. Ça me paraît normal. Mais ce n’est pas simple du tout. C’est compliqué mais inévitable. »

Que ferez-vous l’année prochaine ?
« Je n’ai rien à faire de particulier. Pour l’heure je dois me concentrer pour cette fin de saison. Ce que je peux vous dire c’est que je suis sûr et que je suis très tranquille en ce qui concerne mon choix. Il a été fait avec la Société et nous le communiquerons en temps voulu. Là, nous sommes à un moment de la saison où nous devons être très concentrés. »

La photo avec Infantino semble t’avoir rendu heureux. Pourrais tu être intéresser par une carrière dans les institutions sportives mondiales ?
« Non. Vous savez chacun doit suivre le chemin que lui dicte son coeur. C’est ce qui m’a emmené naturellement à être footballeur, alors j’espère qu’une nouvelle flamme de passion m’indiquera le chemin pour la suite. Je pense que pour ceux qui vivent avec des émotions aussi fortes que les nôtres, et qui ont un rôle aussi important que le nôtre, s’arrêter de jouer est un choc inévitable comme une « première mort » que l’on subit. C’est inévitable, c’est un choc tellement grand qui arrive alors qu’on est encore jeune, une expérience tellement belle que tout le reste semble ne pas avoir de valeur. Mais ensuite je pense que tu réalises calmement, avec sérénité, qu’il y a beaucoup d’autres choses qui peuvent donner de la satisfaction, d’autres choses qui, si on les cultive, te font de nouveau sentir important et te donneront d’autres joies. »

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