Giorgio Chiellini s’est exprimé aujourd’hui en conférence de presse en vue de la finale de samedi. Comment affronter le Real, de quelle manière la Juventus a évolué depuis deux ans, voici les mots du défenseur bianoncero.  

Avant toute chose, c’est Allegri (qui s’exprimera un peu plus tard) qui prend la parole afin de commémorer la tragédie de l’Heysel survenue le 29 mai 1985. « Avant de commencer, je voudrais rappeler qu’en 1985, ce jour même, 39 personnes ont perdu la vie au cours d’une soirée qui devait être sportive et festive mais qui s’est transformée en tragédie. Donc je crois que l’on doit avoir une pensée pour les familles, laissons quelques secondes de silence afin de nous remémorer la tragédie de 1985. » 

Après quelques secondes de silence indispensables afin de rappeler à tous que le sport doit rester du sport, la conférence peut avoir lieu.

Le Real est une équipe de très haut niveau, il n’y a pas besoin de le rappeler. Et il faudra une très bonne défense pour contenir les attaques madrilènes. C’est heureusement le cas de la Juve: « La phase défensive se joue à 11. Qu’on soit 3 ou 4 derrière, ça ne change rien. Ce qui compte, c’est d’être prêt au sacrifice, je crois d’ailleurs que c’est le secret de ce groupe. Parce que les joueurs offensifs nous ont vraiment aidé. Pour le reste, nous avons une défense solide et nous devrons le prouver samedi sur le terrain face à de grands attaquants ».

Si elle est aussi solide, c’est que les qualités des différents défenseurs se complètent parfaitement. Et on ne parle pas seulement du trio Barzagli-Bonucci-Chiellini: « C’est évident, nous sommes tous des footballeurs de très haut niveau avec des caractéristiques différentes. Mais n’oublions pas les autres centraux qui seraient titulaires dans toutes les équipes italiennes et dans 90% des équipes européennes. Nous avons beaucoup de chance d’avoir de tels joueurs, nous espérons continuer ainsi samedi, et durant les prochaines années ».

Et outre ses centraux, la Juve peut se vanter d’avoir Buffon dans ses cages. Et Chiellini aussi : « J’ai tellement de chance d’avoir fait toute ma carrière avec lui, je ne sais même pas si je me rend compte de ce que c’est de jouer avec un gardien de moins bon niveau. Certaines situations peuvent sembler simples, mais c’est parce qu’il est derrière. Gigi mériterait le ballon d’or pour ce qu’il fait en ce moment, pas pour ce qu’il a fait durant sa carrière. J’espère qu’il le gagnera, parce qu’il le mérite et parce que ça voudrait aussi dire que nous remporterons la finale. Il faudra qu’il fasse quelque chose d’extraordinaire samedi, parce que nous ne devons rien concéder à une équipe comme le Real ».

Une équipe comme le Real, qu’est ce que c’est ? « Le Real est une équipe qui semble jouer tranquillement, mais dès que l’on croit avoir le dessus, elle frappe. Comme contre le Napoli et le Bayern, ils te laissent croire que tu peux gagner, mais ils ont des joueurs extraordinaires sur tout le terrain. De notre côté, nous devons continuer notre route. L’approche du match sera fondamentale; nous devrons gagner le plus de un contre un possibles, et rester bien ordonnés parce que dans un match à élimination directe, certains détails sont déterminants. « 

Et surtout, comment l’affronter ? « Nous passerons les prochains jours à étudier leurs matchs en détail. Nous connaissons les caractéristiques de l’équipe, nous les avons souvent vus, mais il faut être plus minutieux. On tentera de limiter au maximum leurs attaquants, il faudra faire quelque chose de grand, donner 100% de nous, il faudra ce truc en plus qui nous a permis de ne pas prendre de but contre le Barça. Il faudra qu’on fasse quelque chose d’extraordinaire, comme la parade de Gigi sur Iniesta ».

A ceux qui pensent que la Juve a un avantage puisqu’elle a remporté le championnat avant la dernière journée, Chiellini répond : »Si nous avions déjà une indication sur la fin du championnat, nous l’avons cependant gagné durant l’avant-dernier match, qui était vrai. Nous avons un trophée en plus, mais nous arrivons avec la même préparation mentale. »

Ça, c’est pour le côté mental. Mais dans les faits, voici comment la Juve va aborder le match : « Il faudra résister aux assauts du Real, et ils n’ont pas que trois joueurs. Nous devrons les garder le plus loin possible du but, parce que si on laisse ce genre de joueurs dans la surface, ils frappent. Il faudra aussi réussir à garder le ballon, trouver un équilibre entre défense, possession, contre attaque, et les différentes situations qui se présentent au cours d’un match. »

Et que ce soit Isco ou Bale qui parte titulaire, il faudra être prêts à contrer les deux : « Il y a une petite différence dans les caractéristiques des joueurs et dans la manière de jouer de l’équipe en fonction d’eux. Les deux sont de grands champions, s’ils sont différents, ils ont le même niveau. Selon moi, Isco qui a joué au poste de Bale durant les derniers mois a été la vraie valeur ajoutée de cette équipe. Il a été très très déterminant ».

Chiellini fait partie de ces joueurs qui ont vécu la finale de Berlin il y a deux ans. Voici ce qui a changé :« Je vis ce moment comme mes coéquipiers qui étaient présents il y a deux ans. Nous nous sentons plus forts qu’à cette époque. Outre le côté technique, nous avons aussi plus d’expérience. Nous devrons, encore une fois, le prouver samedi  parce que nous rencontrerons une équipe plus habituée que nous, elle l’a prouvé avec deux victoires en trois ans. »

En effet, comme le dit Chiellini, cette rencontre a apporté beaucoup d’expérience à l’équipe : « J’ai toujours préféré transformer les défaites en expérience pour nous améliorer pour les matchs suivants. Certes, il y a toujours une trace qui reste, mais chez nous c’est plutôt positif. Nous nous sommes mieux préparés, et nous pourrons mieux gérer les moments déterminants. Il y a deux ans, nous avions trop de pression en première mi temps alors qu’en deuxième, nous nous sommes découverts après les 3-4 occasions qui nous ont fait penser que l’on pouvait gagner. Et eux, ils nous ont puni tout de suite. »

Et par rapport à il y a deux ans, le groupe a changé avec les arrivées notamment de Dybala et Dani Alves « Le groupe sud américain est important dans le vestiaire, il y a beaucoup de respect entre nous, ils nous apportent un peu de joie et d’insouciance, c’est ce qu’il nous faut dans ces moments là. En Italie, nous sommes plus sérieux mais il y a une vraie entente entre nous, ce n’est pas toujours évident. Quand on les voit, on a l’impression qu’ils vont jouer un match avec leurs amis du quartier, mais quand ils entrent sur le terrain tout est différent. « 

La Juve a décidément beaucoup changé en deux ans, et si rien n’est acquis, elle a toute les cartes en main pour croire à une victoire « Je crois que si nous sommes ici après deux ans, ce n’est pas un hasard. L’équipe, au delà de ses résultats au niveau national, continue de maintenir son niveau international. Je m’attends à ce que durant les prochaines années, nous arriverons au minimum au quart de finale. Il faudra aussi un peu de chance, mais le chemin entrepris par le club montre que cette équipe peut aspirer à être au top au niveau international avec continuité, et pas par hasard. »

La progression de l’équipe a commencé bien plus tôt que le match contre le Barça, après lequel elle s’est débarrassée du rôle d’outsider : « Nous avons eu une croissance constante, le changement de module nous a donné une impulsion puisque nous avions besoin de quelque chose de nouveau. En effet, avec tout mon respect, nous gagnions mais parfois nous n’en n’étions même pas heureux parce que nous banalisions cela, nous ne nous amusions plus assez. Ça nous a donné un élan, qui s’est transféré en Ligue des champions. Mais tout est parti du championnat italien. Le tournant si je dois choisir, s’est fait contre le Barça. Porto non, puisque nous étions en supériorité numérique, et même si c’est une super équipe, elle n’est pas comparable à Barcelone. Je ne me focaliserai toutefois pas sur ce match parce qu’il est la conséquence d’un long processus qui a démarré en hiver, quand on était critiqué pour notre jeu qui n’était pas beau. Nous nous sommes aussi améliorés de ce point de vue et ainsi nous avons été prêts quand il y en a eu besoin, soit en mars. »

Pour certains, c’est la finale de la dernière chance avant la fin d’un cycle : « Il y a deux ans, c’était déjà la fin d’un cycle. Celui-là finira dans deux ou trois ans. Mais je crois que le club voit loin, même si quelque chose changera forcément, puisque nous vieillissons, que quelques joueurs partirons, et que d’autres arriverons. Je ne suis pas inquiet, mais les changements font partie de notre sport. »

Dernière chance ou pas, il s’agira samedi de profiter de l’expérience et de la qualité acquises durant ces deux ans pour prouver que oui, la Juve s’est relevée et est revenue au top sur la scène européenne. Et remporter la troisième Ligue des champions de l’histoire du club.

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