A la une de Marca, Giorgio Chiellini a répondu aux questions du quotidien espagnol sur la Juventus en marge du match contre l’Atletico.

« L’Atletico nous ressemble »

Que représente la Juventus ? 
« La Juventus est un groupe, une famille, une équipe unie qui poursuit le triomphe. Maintenant nous voulons gagner la Ligue des Champions. C’est un bon objectif mais difficile à atteindre. Nous travaillons pour cela. Le tirage au sort n’a pas été facile, nous sommes tombés sur une équipe qui nous ressemble beaucoup pour ses valeurs, ses idées et ses caractéristiques ».

Qu’est ce que ça fait d’en être le capitaine ? 
« C’est un grand honneur pour moi, c’est magnifique. Ca fait 15 ans que je suis à la Juve, c’est ma deuxième maison. C’est une responsabilité parce que je représente tous ceux qui font partie de ce club : les tifosi, les coéquipiers, les dirigeants. Nous ne sommes pas les meilleurs au monde mais nous sommes entrain d’écrire une partie importante de notre histoire et c’est déjà quelque chose. Maintenant la Juventus est un groupe à la grande diversité éthnique. Nous ne pouvons penser encore à la Juve d’il y a 10 ans avec 15 italiens, nous devons savoir nous adapter et comprendre tout le monde ».

« J’ai vécu des moments durs »

Chiellini n’en avait que faire de jouer en Serie B. 
« Ma situation était un peu différente de celles des grands joueurs qui sont restés comme Buffon, Camoranesi, Del Piero, Trezeguet… Ils sortaient d’une finale de Coupe du Monde. Pour moi, ce ne fut pas aussi difficile que pour eux ».

Que représentait la Serie B ? 
« Ce ne fut pas la chose la plus difficile. C’était une ambiance différente, comme une fête dans chaque stade dans lequel nous jouions. Après un mois, on a pris l’habitude et c’est passé très vite. La saison 2010-2011 était bien plus compliquée : nous voulions retrouver la victoire, jouer la Ligue des Champions et rien ne fonctionnait. Ce furent deux années compliquées ».

Trois ans après, une nouvelle Juve apparût. 
« Le travail d’Andrea Agnelli comme président, l’arrivée des dirigeants comme Marotta, Paratici, Nedved ont changé cette société, ils l’ont rendue grande. L’objectif de ce club est d’arriver pour au moins dix ans d’affilée minimum aux quarts de finale de Ligue des Champions. Si nous gardons la continuité, tôt ou tard, nous finirons par gagner. On obtient de la visibilité et on grandit comme équipe. J’ai vécu des moments durs mais aussi magnifiques comme maintenant ».

« Gigi nous manque beaucoup »

La Ligue des Champions est une obsession ?
« Une obsession non. Un objectif oui, mais avec sérénité. Nous savons que nous ne sommes pas la seule équipe qui veut la gagner. Il y en a 5-6 qui en sont capables. C’est un vrai objectif mais penser que nous sommes les favoris serait présomptueux. Nous voulons jouer au Wanda le 20 février et le 1er juin ».

Buffon est parti sans gagner la Ligue des Champions et Ronaldo est arrivé. 
« Gigi nous manque beaucoup, surtout en tant que personne. L’année dernière, il y avait Buffon maintenant il y a encore Chiellini, avant il y avait Pirlo… Les joueurs passent mais la Juventus reste parce qu’elle achète toujours des joueurs de haut niveau qui se font remarquer sur le terrain. Ce qui manque c’est le contact au jour le jour, l’humain et toutes ces choses qu’on a vécu ensemble avec la Juventus ou la Ligue des Champions. On en a vécu des choses, belles, très dures, excitantes… Nous sommes en contact permanent ».

Quel rôle joue Ronaldo ? 
« L’arrivée de Ronaldo a été importante parce qu’il a comblé le vide laissé par Buffon au niveau de la personnalité, comme un exemple à suivre depuis le banc. Seul un fou aurait pu avoir des doutes sur le fait qu’il aurait marqué et délivré des passes décisives. Il est important pour nous, un exemple pour progresser. Après autant d’années de domination en Italie, on aurait pu penser avoir atteint le maximum, mais grâce à Cristiano nous allons au-delà de nos limites. Nous avons atteint deux finales de Ligue des Champions mais pour continuer à progresser il nous manque le dernier échelon. Il nous a aidé dans la culture du travail parce que nous tous qui lui sommes proches nous sommes admiratifs et nous cherchons toujours à lui ‘voler’ quelque chose parce que c’est un exemple ».

Tu as dit que tu ne croyais pas en l’achat de Cristiano Ronaldo. 
« Je ne pensais pas que c’était une possibilité parce que je n’imaginais pas qu’un club comme le Real puisse laisser un tel joueur partir. Un joueur qui fait la différence et prouve à chaque match qu’il est meilleur joueur au monde. Bizarrement il n’a pas gagné le dernier Ballon d’Or. Ronaldo et Messi sont LeBron James et Kobe Bryant. Des extraterrestres et nous avons la chance d’avoir l’un d’entre eux ».

« Je ne suis pas le meilleur défenseur du monde »

Prêt pour Atletico-Juve ?
« L’Atletico est une équipe avec une philosophie moins espagnole et plus italienne. Un jeu très fermé et vertical. Ils ont eu des résultats extraordinaires avec des joueurs de grande qualité, qui gardent bien le ballon mais ils ne jouent pas comme le Barça. Ils ont un joueur incroyable comme Griezmann qui fait la différence et rend l’Atletico imprévisible ».

Morata ? 
« C’est un grand ami, une personne splendide, un garçon en or que nous aurions aimé garder plus longtemps avec nous. Mais il a eu l’occasion de rentrer chez lui, au Real Madrid. Alvaro sur un match de Ligue des Champions est un joueur très dangereux, il est bon des deux pieds, habile de la tête mais vue la façon de jouer de l’Atletico, je pense que Griezmann est plus important. Alvaro a déjà marqué le but de l’ex au Bernabeu. Je le prendrai dans mes bras et lui demanderai comment vont sa femme et ses enfants. Du moment qu’il joue avec continuité, c’est un grand joueur ».

Chiellini est-il le meilleur défenseur central du monde ?
« Non, vraiment. L’Atletico a l’un d’entre eux avec Godin. Quand il n’est pas là, l’Atletico change complètement. Je le suis depuis son passage à Villareal, c’est l’âme de cet Atletico. Oblak aussi est un des meilleurs gardiens comme Szczesny, le meilleur en Italie et de loin ».

Il y avait pénalty et faute de Benatia sur Vazquez l’année dernière ? 
« Non, s’il vous plaît, ça a été un moment compliqué et difficile pour l’arbitre. On gagnait 3-0 à Madrid, à la dernière seconde du temps additionnel… Imagine. Peut-être qu’on a commis une erreur mes coéquipiers et moi, c’était un bon arbitre, jeune. Ce n’était pas une situation plaisante mais compréhensible même si je ne veux pas que ce soit une excuse ».

Ce jour-là, il n’y avait pas Ramos.
« Je l’avais déjà fait remarquer l’année dernière. C’est le meilleur défenseur du monde. Il fait rarement des erreurs et s’il en commet une, c’est que d’autres ont mal fait aussi. Je pense qu’avec Ramos on n’aurait pas mené 3-0. Non pas que Varane, Nacho et Vallejo soient nuls, mais parce que Sergio Ramos est vraiment le meilleur et il peut aussi marquer des buts ».

Dirigeant ou entraîneur ? 
« Dirigeant. La vie d’entraîneur est beaucoup trop dure, bien plus que celle d’un joueur. J’ai joué, voyagé, promené ma famille pendant des années. Imagine de devoir le faire en pensant à 30 personnes sans penser à toi-même. Je suis à Turin depuis 15 ans mais un entraîneur peut changer d’équipe chaque année. Il n’y a pas de stabilité. Il faut une vocation qui te pousse à le devenir. Quand je prendrai ma retraite, je me ferai une année sabbatique ».

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