Il a été pendant presque 20 ans un protagoniste des matchs entre la Juve et l’Inter. Alessandro Del Piero a souvent décidé de l’issue du derby d’Italia par ses prouesses. Mais cette année, il verra le match d’un œil de consultant pour Sky Italia. Le Corriere Dello Sport est allé à la rencontre de la légende de la Juventus pour lui demander son avis sur ce match et la saison qui attend la Juventus.

Del Piero, quel match sera ce Inter-Juventus ?
« Une des plus belles rencontres que nous ayons vu ces dernières années. La Juve revient d’un match nul de Ligue des Champions contre le Fc Séville mais espérait un meilleur résultat. Ce 0-0 donnera à l’équipe encore plus de détermination après le grand début de championnat. L’Inter est en progression et durant la seconde période contre Pescara, elle a montré qu’elle était compacte, qu’elle avait du caractère et une profondeur de banc. Ce ne sera évidemment pas une rencontre décisive mais elle peut donner des indications sur la saison, surtout pour les nerazzurri ».

Est-il normal de considérer la Juventus favorite ?
« Evidemment. L’équipe d’Allegri est la pus forte. Mais entre dire qu’elle est favorite et que le match est gagné d’avance, il y a un pas que je ne franchirais pas ».

Penses-tu que le règne de la Juventus puisse devenir une dictature et que l’écart avec les autres est trop grand ?
« Je pense qu’il y a un écart, mais pas que la compétitivité du championnat soit aussi basse pour que ce ne soit qu’un monologue de la Juve. Selon moi, Allergri a raison : ils devront transpirer pour gagner ».

Quel genre des recrues sont Dani Alves, Pjanic, Cuadrado et Benatia ?
« Je résumerais comme ça : ils ont de la qualité, de l’expérience à l’habitude de jouer sous pression. Ces renforts me plaisent ».

Pjaca aussi te plaît ?
« Il est vraiment très talentueux. Peut-être que son arrivée, parmi tous les grands noms, a été un peu sous-estimée mais la Juve a entre ses mains un joueur avec un énorme potentiel. Maintenant, c’est au terrain de parler ».

Si en avril on t’avait dit que la Juve aurait dépensé 90 millions pour Higuain, tu y aurais cru ?
« Non, je l’admets. Investir autant d’argent sur un seul joueur, même si il est aussi performant, est cependant un choix courageux parce que tu n’as pas de marge d’erreur. Higuain peut donner beaucoup, parce qu’il est dans la meilleure période de sa carrière et il a très faim. Et, pour ce qu’on a pu voir jusque là, il semble très bien s’entendre avec ses nouveaux coéquipiers ».

Y a-y-il, en Europe, un duo d’attaque plus fort que Dybala-Higuain ?
« Et bien, le Bayern, le Real ou le Barça sont plutôt bien devant (rire). Mais c’est certainement un duo qui peut devenir dévastateur. Avec un feeling totalement argentin qui peut aider ».

Dybala est-il le nouveau… Del Piero de la Juventus ?
« Chaque joueur est différent, mais nous partageons sûrement des points communs ».

Cette Juve peut-elle gagner la Ligue des Champions ?
« Elle peut jouer sa chance jusqu’au bout mais dans ce cas aussi je suis d’accord avec Allegri : c’est une histoire à écrire et trop souvent nous avons été déçus. L’équipe a certainement le potentiel pour lutter d’égal à égal contre les gros mais elle n’est pas la favorite ».

Quel est le match entre l’Inter et la Juve que tu n’oublieras jamais et pourquoi ?
« Celui de 2006 qu’on gagne grâce à mon coup-franc à San Siro. Et celui du Juventus Stadium en 2012, l’année de mon dernier Scudetto, avec mon but du 2-0 ».

Quel a été ton pus grand rival à l’Inter ?
« Il y en a eu beaucoup mais je me remémore avec plaisir les matchs contre Ronaldo, un champion extraordinaire ».

Qu’est ce qui a rendu la rivalité entre les bianconeri et les nerazzurri aussi forte ?
« Il y a toujours eu une rivalité sportive. C’est le derby d’Italia et ça doit continuer à l’être ».

La blessure d’être descendu en B avec la Juve est encore ouverte ou bien colmatée par la fierté d’avoir ramené la club à la victoire ?
« Il n’y a aucune blessure. Je ne garde que la fierté d’avoir ramené, avec l’aide de mes coéquipiers, la Juventus à la victoire ».

Depuis le café partagé avec le président Agnelli en juillet 2015, comment est la relation entre vous deux ?
« C’est une relation à distance étant donné que je ne suis pas à Turin et nous n’avons pas l’occasion de nous voir, mais il n’y a aucun problème de mon côté ».

Zanetti, bandiera de l’Inter, est vice-président tandis que toi, tu n’as aucun rôle à la Juventus. C’est un regret ? Est-ce que tu laisses la porte ouverte pour un futur à la Juve ?
« Je n’ai aucun regret, nous avons simplement pris des routes différentes. Je suis content de ma vie et je ne me pose pas de limites sur ce qui arrivera dans le futur ».

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