Paulo Dybala est aujourd’hui à la une de Tuttosport. Dans une longue interview, La Joya se confie et revient sur le premier Scudetto de sa jeune carrière : « C’est une saison extraordinaire : vu comment nous avons gagné ce championnat, pour tout ce qui est arrivé, pour la joie. Tout s’est passé comme je m’y attendais parce que dans mes trois années passées en Italie, je m’étais rendu compte qu’il n’y avait pas d’équipe aussi forte et victorieuse que la Juventus, qu’il n’existe pas de stades comme le notre, qui inspire la peur aux adversaires. Je savais que j’arrivais dans l’une des meilleures équipes du monde et c’est bien le cas ».

Malgré les difficultés de début de saison, il est resté confiant : « Je n’ai jamais regretté mon choix. Jamais. Même dans le moment le plus difficile, quand nous avions douze points de retard sur l’Inter. J’étais conscient que nous avions beaucoup changé, que nous étions nombreux à devoir comprendre ce que représentait la Juventus et qu’il y avait pas mal de mécanismes à régler. Et surtout, je savais que nous avions notre sort entre nos mains : il suffisait de gagner les matchs… Et nous l’avons fait. Et c’est encore plus beau : se dire qu’on l’a gagné de cette manière le rend encore plus enthousiasmant. Ca m’a rappelé l’Italie de 2006 ».

Il a ensuite évoqué cette cruelle élimination contre le Bayern Munich. Buteur à l’aller, une blessure l’a privé du match retour : « Ca brûle encore aujourd’hui. Et pour moi, c’était encore pire, je l’ai vécue de loin, à Turin, devant la télévision. Ca a été une soirée terrible. J’ai très mal vécu ces dernières secondes, terrifiantes. J’étais assez logiquement convaincu qu’à ce moment, on y était presque. Ca fait très mal… ».

Le journal lui a ensuite demandé si il pouvait s’imaginer une carrière similaire à celle des légendes comme Buffon et Del Piero : « Oui, je me l’imagine. Leur histoire me fascine : vingt ans avec le même maillot, tu deviens un monument. Ce sont des promesses qu’on ne peut pas faire parce que ça ne dépend pas que de moi mais ce serait vraiment beau, pour moi, d’avoir une telle carrière, gagner tout ce qu’ils ont gagné en restant ici à la Juventus ».

Porter le numéro 10 pourrait l’aider à devenir une légende : « Le 10 pour le moment est occupé et sincèrement, ce serait bien qu’il reste occupé pendant un long moment encore. Après, si il devait se libérer, j’aimerais beaucoup le porter, même si le 21 me fascine : ici à la Juventus, des joueurs comme Zidane et Pirlo l’ont porté, pas n’importe qui. C’est un numéro qui a une histoire importante et je le garde volontiers ».

Il a ensuite balayé rapidement plusieurs thèmes :

Son plus beau but cette saison : « Celui contre Sassuolo, parce que je l’avais essayé, je l’avais étudié, et je voulais le mettre exactement à cet endroit là ».

Le but le pus difficile : « Le pénalty contre le Chievo. Nous étions menés d’un but, je jouais mal, j’étais critiqué et c’était un moment difficile pour l’équipe ».

Son coéquipier le plus important : « Pour moi, ça a été Claudio (Marchisio ndlr), il a été proche de moi dès le premier jour ».

Les plus sympathiques dans le vestiaire : « Paul et le Tucu (Pereyra ndlr). Ce sont eux qui mettent la musique ».

Les plus sages : « Buffon, Evra et les autres ‘vieux’. Ils ont une façon plus mature de vivre dans le vestiaire. Ils nous apprennent à plaisanter quand c’est le moment et à travailler quand il faut travailler. Ils expliquent la mentalité de la Juve, ils nous ont aidé, ils nous ont montré comment on travaille et quel air on respire dans un tel environnement. Il y a eu des réunions sur ces sujets mais je n’en dis pas plus. Ce sont des choses qui doivent rester dans le vestiaire ».

Ses idoles d’enfance : « Ronaldinho et Riquelme ».

Ses idoles aujourd’hui : « Personne, il y a des joueurs dont je cherche à m’inspirer, comme mes coéquipiers en équipe nationale ou avec la Juventus. Mais maintenant, je veux être moi-même et devenir à mon tour une idole pour les enfants ».

Les comparaisons avec Messi : « Ca ne me dérange pas, au contraire, c’est gratifiant. Mais maintenant, il est temps de gagner quelques Ballons d’Or : Leo, à mon âge, en avait déjà gagné un ».

Le Juventus Stadium : « Pour un adversaire, il fait peur. La première fois que je suis venu ici avec Palerme, c’était très dur. C’est compliqué de rester concentré avec le public aussi proche et cette ambiance. Il n’y a rien de tel en Italie, ça te met beaucoup de pression. Et puis être dans ce stade, ça veut dire que tu affrontes l’équipe la plus forte d’Italie, ça n’aide pas (rires) ».

L’anti-juventinismo en Italie : « Je l’ai ressenti. Tu vois la rivalité un peu partout, surtout avec les réseaux sociaux. L’Italie est divisée en deux : la moitié supporte la Juventus, l’autre moitié la déteste. Mais c’est normal, en Argentine c’est pareil avec le Boca et River. Tant que la rivalité est saine, ça me va bien comme ça ».

Turin : « C’est une ville merveilleuse. Je me sens très bien, tout le monde respecte mon intimité, les gens sont très bien éduqués. J’aime beaucoup le Superga. C’est un lieu fascinant avec un très beau panorama et une histoire importante. Je suis allé voir la plaque qui commémore le grand Torino et j’ai senti une grande amertume, une forme de douleur pour ce qui était arrivé ».

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