« Je peux dire que samedi ce sera mon dernier match avec la Juventus et je pense que c’est la meilleure des manières de terminer ma carrière avec le monde juventino avec lequel j’ai vécu. Je peux dire que ce sera comme ça et je suis fier de finir à 40 ans samedi dans l’une de mes meilleures conditions et à la hauteur de mon nom et par conséquent de la Juventus. Je veux conclure en remerciant vraiment la famille Juventus. J’avais la conviction que j’avais la possibilité de jouer jusqu’à 40 ans avec cette mentalité, cette philosophie que la Juventus m’a donné durant toutes ces années »

C’est par ces quelques mots que le légendaire gardien de la Juventus s’est exprimé le 17 mai 2018 devant la presse, pour annoncer la fin de son aventure bianconera… Après 17 ans d’amour ! Ce jour restera à jamais dans la mémoire des Tifosi ainsi que du club piémontais. Gianluigi Buffon aura marqué le club turinois de son empreinte.

Retour sur l’évolution d’un des meilleurs gardiens du monde.

GIGI, QUI ES-TU ?

C’est dans la petite ville de Carrara en Toscane que le petit Gianluigi voit le jour en ce 28 Janvier 1978. A ce moment-là, difficile d’imaginer que ce jeune garçon marquera l’histoire du foot en devenant une légende…. Et pourtant !

Le sport, c’est une histoire de famille !

Né d’une mère 3 fois championne de lancer de poids et d’un père arrivé second en lancé de poids et athlétisme lors d’un championnat d’Europe, on peut dire que le petit « Gigi » a baigné dans le sport. Même ses sœurs ont évolué au haut niveau, mais au volley-ball en intégrant l’équipe nationale. Cet environnement favorisera son destin. Il le reconnaîtra lui-même :

« L’environnement familial m’a aidé à m’exprimer à travers le sport. »

Début d’une longue, très longue carrière

C’est à l’âge de 6 ans que Gianluigi comprend que son sport sera le football. Et c’est justement à cet âge que ses parents l’inscrivent à l’école de football Canaletto à La Spezia.  Plus tard il intègre l’équipe de sa ville de Carrara. Pourtant, même à ce moment-là, pas grand-chose n’indiquait qu’il deviendrait une légende au poste de gardien. Gigi explique « je n’avais même pas de rôle défini, même si à l’époque les gardiens de but m’excitaient. J’ai souvent joué au milieu de terrain, je n’étais pas mauvais. »

Ce n’est qu’en 1990 que le jeune Gianluigi comprend quel sera son véritable rôle :

« Le mythe absolu pour moi était Thomas N’Kono, le grand gardien du Cameroun. J’ai déménagé au Bonascola, j’avais 12 ans et j’ai choisi le rôle de façon définitive. A Bonascola, je dois dire que pour moi l’entraîneur Piserini était décisif, ancien gardien de but, et surtout l’entraîneur des gardiens Avio Manconi. »

Merci à eux !

Parma

Suivi de près par plusieurs écuries, c’est finalement à Parma que Buffon décide de commencer véritablement sa carrière. Nous sommes à l’été 1991, et Gigi a alors 13 ans.

« J’ai été confié à deux grands personnages : l’entraîneur Ermes Polli, légende à Parme, avec plus de 300 matches disputés dans différentes catégories et l’entraîneur des gardiens Ermes Fulgoni. Fulgoni m’a immédiatement donné une grande confiance. Au bout de 6 mois, j’étais déjà là pour dire que j’arriverais en Serie A. »

La saison 1995-1996, Gianluigi fait partie des U20 de Parme et est désigné comme le 3e gardien de l’équipe première derrière Luca Bucci, gardien international Italien, et Alessandro Nista.

Suite à une blessure à la clavicule, Bucci est éloigné des terrains pour plusieurs semaines. C’est logiquement Nista qui prend la place de gardien, mais lors de la deuxième rencontre de la saison, Nevio Scala le coach d’alors, décide de titulariser Gianluigi Buffon. Nous sommes le 19 Novembre 1995, il a 17 ans. Une première titularisation, et non des moindres puisque « Gigi » à la responsabilité de garder les buts face à l’AC Milan, excusez du peu ! Mais pas de stress, Buffon se sent prêt ; et pour cause il expliquera plus tard : « L’entraîneur des gardiens, Di Palma, avait beaucoup travaillé sur ma technique, je sentais que je m’étais amélioré. Plus qu’excité, je me sentais heureux, un sentiment étrange pour un débutant de 17 ans. Entrer sur le terrain, il me semblait que j’avais toujours joué en Serie A, mais ce n’était pas un sentiment de fanfaronnade, c’était juste que je me sentais à ma place. »

Buffon ne tarde pas à se mettre en évidence. En effet il sort de belles interventions, notamment sur Marco Simone et Georges Weah, les artificiers milanais. Buffon reste titulaire pendant 2 mois, jusqu’au retour de Bucci. Jusqu’au début de la saison suivante, Gianluigi restera sur le banc… Mais entre temps, c’est l’italien Carlo Ancelotti qui a pris les commandes de l’équipe. Au bout de 8 journées il bombarde Gigi titulaire. Cette même année, des joueurs s’installent dans l’équipe, parmi eux : Cannavaro et Thuram.

17 Septembre 1997 : l’histoire retient donc que c’est sur la pelouse du Stadion Letna de Prague que Gianluigi Buffon dispute ses premières minutes en Ligue des Champions. Ce soir-là, il débute avec une clean sheet (forcément…) et un nul face au Sparta (0-0). Mais malgré une équipe très solide (Cannavaro, Thuram, Sensini, Crespo…), Parme ne passe pas la phase de groupes.

En 1998 il est le premier à arrêter un penalty de l’invincible Ronaldo en Italie, et ne manque pas l’occasion pour porter un T-shirt Superman à la fin de la rencontre. À tout juste 20 ans, Gigi se présente au football comme un surhomme capable de l’arrêt parfait face au tir parfait. Le rempart absolu.

L’année 1999 voit déjà des trophées importants garnir le palmarès de Gianluigi. Parme s’offre un doublé Coppa Italia et Coupe UEFA.

Pendant ce temps, Buffon a intégré la Squadra Azzura et à l’âge de 20 ans il jouera (enfin sera sur le banc) la Coupe du Monde 1998.

IL ARRIVE A LA JUVE !

Nous sommes en 2001, l’année du tournant. Parme connait des difficultés financières et le projet interne n’est plus aussi beau. Le moment que choisi Buffon pour faire ses valises.

« J’ai réalisé que certains projets avaient changé et que la famille Tanzi voulait commencer une nouvelle ère. Crespo était déjà allé à la Lazio l’année précédente et cet été c’était au tour de Thuram et moi. Pourquoi nous ne pouvions pas gagner un championnat avec Parme ? Je me suis souvent demandé sans trouver de réponse. Contrairement à ce que beaucoup disaient, qu’il y avait quelque chose à gagner, c’était loin d’être une bonne ambiance […] Les offres ne manquaient pas. Rome et Barcelone pendant un moment étaient très proches de moi, mais je savais que la Juventus, après le départ de Van der Sar, cherchait un gardien de but et donc quand la bonne offre est venue, à la fois pour Parme et pour moi, Je n’ai pas hésité à accepter. »

La série de victoires commence, et Buffon remporte alors plusieurs titres. Pour sa première sous les couleurs des bianconeri, il remporte le Scudetto, titre qu’il gagnera encore la saison suivante.

2003 année des titres, des victoires et des distinctions.

Cette saison est exceptionnelle pour Buffon. Un Scudetto de plus et un parcours extraordinaire en Ligue des Champions où la Juventus atteint la finale, malheureusement perdue lors de la redoutable séance des tirs aux buts, face à l’AC Milan. Dans ce tournoi, la Juventus élimine le Real Madrid, adversaire coriace. Mais deux distinctions en particulier font la fierté de Gigi :

« Je suis élu meilleur joueur de la Ligue des Champions 2002/2003 et je suis élu meilleur gardien du monde selon le classement IFFHS. »

La reconnaissance pour un gardien devenu légende !

Durant la saison 2004-2005 c’est Fabio Capello qui prend les commandes de la Juventus. Cette dernière roule encore sur la Serie A et remporte le Scudetto (plus tard révoqué dans l’affaire Calciopoli). Mais c’est une année assez étrange. La Juventus se fait éliminer en quart de finale de la Ligue des Champions face à Liverpool, et à l’été lors du trofeo Berlusconi, Gianluigi se bat contre Kaka et se disloque l’épaule. Il est alors éloigné du terrain pour plusieurs mois.

2006 : Du rêve au cauchemar

Comme très souvent, trop parfois selon ses « ennemis », la Juventus remporte le Scudetto.

Mais cette saison sera entachée d’un énorme scandale qui éclaboussera le Calcio, le fameux « Calciopoli » et qui changera la face du foot Italien. Des écoutes téléphoniques, des mensonges, des non-sens, un procès bâclé et le sobriquet de « Farsopoli » lui a été attribué, non sans raison. L’objectif ? Prouver que la Juventus a bénéficié d’avantages et de faveurs arbitrales pour remporter ses titres, sous la direction de l’influent Luciano Moggi, qui aurait utilisé ses « pouvoirs » pour conditionner les matchs de la Juventus. Le club bianconero sera blanchi en 2014. Mais revenons à l’illustre Gianluigi Buffon.

Malheureusement après ce procès, la Juventus est reléguée en Serie B, et nombre de joueurs quittent le navire Bianconero, comme Ibrahimovic, Zambrotta, Mutu, Vieira ou encore Cannavaro. Mais ce n’est pas le cas d’autres joueurs fidèles au club comme Del Piero, Trezeguet, Nedved, Camoranesi et bien évidemment, Buffon.

Lors de l’été 2006, année du Mondial, Buffon s’offre le titre de Champion du Monde 2006 avec la Squadra Azzura ! Rien que ça…

Elle est de retour !

Après avoir fait une pige en Serie B, la Juventus revient en Serie A après avoir obtenu le titre de champion de Serie B. Après une parenthèse d’un an, la Juventus de Buffon est de retour, et elle ne quittera plus l’élite.

Pour son grand retour, Buffon est élu meilleur gardien du monde pour la 4e fois. Un retour en force donc. Mais dans le jeu, La Juventus peine à revenir au sommet. Pour son retour elle termine honorablement à la 3e place.

2008-2009, Gigi retrouve le charme de la Ligue des Champions, ses ambiances, son hymne, les supporters. Mais c’est encore un peu juste pour les co-équipiers de Gianluigi, et la Juventus se fait éliminer en 8e de finale face à Chelsea. Pourtant en phase de poules, les hommes de Ranieri battent le Real Madrid, ce qui aurait pu laisser présager un beau parcours.  En Serie A, la « Vielle Dame » prend la 2e place.

Quant à Gigi, il se blesse au ménisque, puis ensuite au dos, et manque plusieurs matchs.

2009-10 et 2010-2011 : La Vielle Dame tombe malade

Pour tout tifoso de la Juve, ces dates rappellent de mauvais souvenirs. Mais pas que pour les tifosi !

Buffon qui souffre toujours de problèmes physiques, est absent des terrains, il n’y revient que par alternance.

Pendant ce temps, c’est la crise à la Juventus, qui est à la peine en championnat, se fait éliminer en Ligue des Champions et en Europa League et fini à une piteuse 7e place, deux années consécutives. Impossible pour un club dont l’ADN est la gagne. Il faut du changement, ça urge !

Antonio Conte – L’homme providentiel

A l’été 2011, la Juventus recrute Antonio Conte pour prendre en main l’équipe. Une arrivée qui ne laissera personne indifférent. Buffon s’exprimera par la suite :

« Antonio Conte arrive sur le banc et dès le premier impact, j’ai des sentiments positifs sur la saison, des sentiments qui deviendront encore plus positifs après le premier match dans notre nouveau stade »

En effet la Juventus a le plaisir de jouer dans son nouveau jardin et en profite pour devenir le premier club en Serie A à être propriétaire de son stade. Une avant gardiste ! Tout semble être au point pour que la Vieille Dame se rétablisse.

2011-2018 : Success Story

2011-2012 : Le nouveau stade, de nouveaux co-équipiers (Pirlo, Lichtsteiner, Asamoah, Vidal entre autres), de nouveaux moyens… Buffon remporte alors le Scudetto avec les siens, le premier de l’ère Antonio Conte, et le premier depuis la sombre histoire du Calciopoli. Un retour triomphal. Et le plus fort, c’est que la Juventus réalise une saison en étant invaincue en Serie A. 23 victoires, 15 nuls et 0 défaites. Chapeau ! A noter que Buffon n’encaisse que 20 buts durant la saison, ce qui en fait la meilleure défense des 5 grands championnats.

2012-2013 : La saison commence bien puisque Buffon soulève déjà un premier trophée. Les Bianconeri s’adjugent la Supercoupe d’Italie en s’imposant face au Napoli (4-2).

En Serie A la Juve continue son incroyable série d’invincibilité avant d’aller défier le champion en titre en Ligue des Champion : Chelsea. (2-2, 3-0). Malheureusement, après plus d’un an sans défaite, la Vieille Dame connait un premier revers, face à son « ennemi » l’Inter Milan. Néanmoins la Juventus ne lâche rien et se qualifie en Coppa pour les quarts de finale, ainsi qu’en Ligue des Champions où la Juventus s’inclinera logiquement face au Bayern Munich, trop fort à ce moment-là. Par la suite la Juventus s’inclinera en demi-finale de la Coppa face à la Lazio de Rome.

Mais pour la deuxième fois consécutive, la Juventus est sacrée championne d’Italie. Un bilan de 27 victoires, 6 nuls et 5 défaites. A noter que Buffon n’encaisse que 24 buts durant la saison.

2013-2014 : De nouveau la Juventus commence en remportant une nouvelle fois la Supercoupe d’Italie en écrasant la Lazio de Rome 4 buts à 0. Buffon voit au fur et à mesure arriver des nouveaux joueurs avec qui il prend plaisir à jouer, comme Carlos Tevez notamment. En Championnat la Vieille Dame assoit toujours plus sa domination. Elle reste en tête du classement et les méthodes de Conte semblent toujours autant fonctionner… Sauf que ! Sauf en Ligue des Champions. La Juventus ne dépasse pas la phase de poule et est logiquement reversée en Europa League. Une coupe Européenne est toujours un bel objectif et en plus cette saison la finale se dispute à Turin, au Juventus Stadium. Que demander de plus ? La Juventus va atteindre les demi-finales assez aisément, et le rêve est alors permis. Mais c’est sans compter sur le Benfica Lisbonne qui annihile les rêves des Bianconeri en les éliminant dans cette double confrontation.

En Coppa ce n’est guère plus brillant, Buffon se voit également éliminé en quart de final face à l’AS Roma. Heureusement la Juventus décroche son 3e scudetto d’affilé en pulvérisant le record de point lors d’une saison 102 points, rien que ça. Un bilan de 33 victoires, 3 nuls et 2 défaites. A noter que Buffon n’encaisse que 23 buts durant la saison. Mais en interne tout n’est pas au beau fixe. Les objectifs ne sont que partiellement atteints, et des différents opposent Conte à sa direction.

2014-2015 : Conte part, Allegri arrive

Même si certains indices pouvaient le laisser penser, c’est tout de même comme un coup de tonnerre que frappe cette annonce. Après 3 saisons et autant de Scudetti, Antonio Conte, l’homme providentiel de la Juventus qui l’a ramenée sur le toit de l’Italie, démissionne de ses fonctions de coach. C’est alors Massimiliano Allegri qui lui succède à la tête de l’équipe. Une arrivée qui ne fait pas l’unanimité parmi les tifosi. Et pourtant, ça va vite changer !

Allegri est un pragmatique. Il débute sa mission en construisant sur le travail d’Antonio Conte. Au fur et à mesure il mettra sa patte de tacticien et les résultats s’en font sentir. En Serie A la Juventus semble intouchable, trop forte. La souveraine d’Italie. Et peu de poursuivants arrivent à la faire douter, si ce n’est l’AS Roma. Mais c’est ailleurs que les regards sont tournés.

La Juventus atteint la finale de la Ligue des Champions, 12 ans après avoir vu son rêve s’envoler au profit du Milan AC. Elle sera opposée au Barça de Lionel Messi. Ce dernier ne rassure pas Buffon, qui n’a encore jamais affronté La Pulga en match officiel, filant même cette drôle de métaphore : « Messi est un alien qui se consacre à jouer avec les êtres humains. Le seul espoir est que, samedi, il redescende sur terre et se mêle à nous autres. »

Il va même jusqu’à admettre « L’affronter sera passionnant mais aussi angoissant. Je mentirais en disant que je n’ai pas peur » Peu de joueurs pourront se targuer d’avoir fait « peur » à Gianluigi Buffon. Mais il se voudra rassurant tout de même : « Ça s’arrêtera au moment du coup d’envoi. J’espère d’ailleurs que lui aussi a peur. Car nous avons quelques armes pour lui rendre le match difficile » Fallait pas pousser non plus !

Pour en arriver là, les co-équipiers de Buffon seront venus à bout du Borussia Dortmund en 8e (2-1 ; 0-3), de l’AS Monaco en quart (1-0 ; 0-1), et de l’intraitable Real Madrid en demi (2-1 ; 1-1).

Malheureusement, et une fois n’est pas coutume dirons-nous, la Vieille Dame s’incline dans cette finale sur le score de 3 buts à 1. Le sort s’acharne décidemment sur le club Bianconero qui enregistre une 5e finale perdue. Une fois de plus le rêve s’envole. La coupe aux grandes oreilles semble décidée à fuir Gianluigi Buffon.

2015-2016 : 2e saison avec Allegri à sa tête. Il y’a des craintes, car il se dit qu’Allegri peine toujours lors de sa seconde saison. Et les statistiques ne vont pas mentir. La Juventus réalise l’un des, voir LE, plus mauvais démarrage de son histoire. La Juventus n’enregistre aucune victoire lors de ses quatres premières rencontres. Elle signe son premier succès face à Bologne, mais l’Inter et Sassuolo viennent creuser un peu plus le trou dans lequel semble se trouver la Juve. On voit Buffon nerveux et furieux sur ses terres, multipliants les gestes envers ses coéquipiers, comme lors de ce match face au Chievo Vérone (1-1) où Gigi indique par ses gestes qu’ils sont à domicile, qu’ils sont chez eux. La presse Italienne s’affole, Tuttosport titre alors «Une Juve alarmante ». Les joueurs, le coach et les dirigeants sont dépités et la Vieille Dame se retrouve à la 12e place à la 10e Journée avec un retard de 11 points sur le Leader à ce moment, l’AS Roma. Tout porte à croire que cette saison 2015-2016 ne sera pas celle de la Juventus.

Buffon, en tant que Capitaine de cette équipe prend la parole devant les médias et livre ses sentiments :

« Ca fait d’autant plus mal que c’est moi qui suis le capitaine de cette équipe, ça fait vraiment mal au plus profond de notre âme […] Je pense que parfois nous ne comprenons pas bien l’importance des matchs » Des mots juste mais dur. Des mots qui trouveront échos auprès des ses coéquipiers.

Buffon est un homme de courage, et le Capitaine prend alors ses responsabilités pour se faire entendre avec verve auprès des joueurs, transmettant l’ADN de la Juve qu’il porte depuis toujours, la gagne.

Et voilà qu’un match, et non des moindre, va marquer un tournant décisif dans la saison.

La Juventus reçoit le Torino dans son antre pour le toujours très attendu, derby de la Ville. C’est Paul Pogba qui va montrer la voie en décochant une superbe frappe et qui ouvrira le score. La Juventus se fera reprendre au tableau d’affichage, et alors qu’un match nul se profil au fur et à mesure que les minutes passent, c’est dans les derniers instants de la partie que la Juventus débloquera sa saison. Cuadrado offre la victoires aux siens dans les toute dernières minutes (93e), un but dont personne n’imagine encore l’impact.

Le Réveil des Gladiateurs

Portée par le néo-Juventino fraîchement débarqué à l’été en provenance de Palerme, Dybala alias « la Joya » absolument phénoménal, la Juventus va enchaîner un rythme impressionnant de victoires, et ne perdra quasiment plus. La presse s’enflamme et titre « Elle est de retour ! » ou encore «Le rouleau est en marche ». La Joie gagne aussi les tifosi qui commençaient à désespérer, et affichent désormais des banderoles « Finalement une joie ». La Juventus va rapidement revenir à la 3e place rattrapant son retard et ne comptant désormais plus que 6 points de retard sur le leader. Pogba, mandzukic, Dybala, Khedira contribuent à maintenir le rythme infernal de la Juventus, qui reviendra alors à la 2e place, juste derrière un nouveau Leader, le Napoli. On peut revoir Buffon heureux, victorieux et toujours aussi expressif lors de chaque buts.

Puis, le match tant attendu arrive, le premier contre le deuxième, le Napoli contre la Juventus. Lors d’un match engagé c’est Simone Zaza qui va offrir la victoire à ses partenaires. Après s’être défait de son vis-à-vis, Zaza va envoyer une grosse frappe qui se logera dans la lucarne, et permettra au siens de reprendre les commandes de la Serie A. La reine est de retour, et elle ne lâchera plus sa place.

Gianluigi n’est pas en reste, en effet lors du Clasico face au Milan AC il repoussera d’une main ferme,et tendue, une tentative Milanaise pourtant destinée à rentrer aux fond des filets, et offrira à ses coéquipiers l’occasion de l’emporter.

Après une saison pleine de rebondissement, Buffon soulève alors le 4e scudetto consécutif. Mais ce n’est pas tout ! La Vieille Dame remporte dans la foulée la Coppa Italia, offrant le doublé au Capitano.

Côté Ligue des Champions la Juventus se fait éliminer en quart de final après une double confrontation complètement dingue face au Bayern Munich. La Juventus se fait accrocher à domicile au match allé 2-2, et alors qu’on pense que c’est terminé, les bianconeri vont montrer qu’ils n’abandonnent jamais. Contre toute attente elle va mener 2 buts à 0 à l’Allianz Arena, et étonnera le monde du Football. Malheureusement suite à 2 erreurs, les Bavarois vont revenir au score dans les dix dernières minutes du temps réglementaire, et élimineront la Juve lors des prolongations (4-2).

2016-2017 : Rêves et Désillusions

Une fois n’est pas coutume, la Juventus roule sur la Serie A, mais les poursuivants lui donnent beaucoup plus de fil à retordre. Sans surprise elle s’offre un 5e Scudetto consécutif, et encore mieux, elle s’offre un 3e doublé Scudetto+Coppa et marque un peu plus l’histoire du calcio.

Mais les regards sont ailleurs. En effet la Juventus a, lors du Mercato estival, enregistré plusieurs arrivées importante comme Higuain, Pjanic ou Dani Alves. Concernant ce dernier, Gigi avouera « J’ai parler avec lui et j’ai beaucoup appris », une preuve d’humilité de Buffon qui, après des années de carrière au plus haut niveau, aime continuer d’apprendre.

La Juventus a l’effectif et l’expérience pour aller loin dans cette compétition.

En huitième, la Juve va l’emporter sans trembler face au FC Porto (2-0 : 1-0)

Les quarts opposeront la Juve au FC Barcelone. Un Barça en pleine confiance, eux qui ont réalisé une qualification historique face au PSG, et cette fameuse « Remontada ». Après avoir perdu 4-0 à l’aller, les barcelonais vont étriller Paris sur le score de 6 buts à 1. La Juventus connaît la qualité de cette équipe, et Buffon n’est jamais rassuré à l’idée de retrouver Messi. Mais voilà, la Juventus va éjecter le Barça après une double confrontation mémorable (3-0 ; 0-0). Par la suite, Messi avouera être obnubilé par Buffon, déclarant avoir trompé la vigilance de 123 gardien différents mais jamais du Portier Italien. Un bel hommage !

La Juventus se qualifie donc pour les demis-finale qui l’oppose à l’AS Monaco, encore. La Juventus ne réussit pas aux Monégasque (cf 2015), et cette édition ne va pas les rassurer. En effet la planète football est impressionnée d’un chiffre en particulier : Buffon n’a encaissé que 3 buts depuis le début de la compétition. Ce qui ne rassure pas les Monégasque. Ils mettront du cœur à l’ouvrage mais peu d’équipe semblent en mesure de venir à bout des Bianconeri, qui éliminé logiquement l’AS Monaco après une double confrontation trop difficile pour eux. Ce sont les deux nouveaux arrivés qui feront déjouer la valeureuse équipe, à savoir Gonzalo Higuain et Dani Alvès. L’argentin s’offrira un doublé au match aller gagné 2-0, puis Mandzukic et Alves valident la qualification au retour (1-2).

Buffon s’apprête à jouer sa deuxième finale en 3 ans. L’adversaire ? Le Real Madrid.

La Juventus va commencer fort, mais c’est Cristiano Ronaldo qui va tromper la vigilance de Buffon. Mandzukic remettra les siens sur de bons rails en égalisant d’une superbe retourné (élu plus beau but de l’édition). Mais voilà la deuxième mi-temps inquiète. La Juventus est méconnaissable, elle laisse énormément d’espace, et certains joueurs sont plus spectateurs qu’acteurs. Au final et logiquement le Real s’impose sur le score lourd de 4-1, et la Juventus échoue une nouvelle fois sur la dernière marche, obtenant le triste record du club ayant perdu le plus de final (6). A l’été, de grandes manœuvres sont effectués et certaines rumeurs font état de quelque chose d’inquiétant. Pendant la mi-temps de la finale, il y aurait eu des altercations dans le vestiaire de la Juve. Si le club ne confirme pas cette rumeur, deux des présumés artisans de cette altercation seront transférés. Bonucci (Milan AC) et Dani Alves (PSG).

2017-2018 :

La saison démarre avec de nouvelles recrues. La Juventus a mis la main sur le Brésilien Douglas Costa, les Italiens Bernardeschi et De Sciglio et l’Allemand Howedes. Cette saison est particulière pour le Calcio. Depuis plusieurs années maintenant le Napoli a su construire une équipe capable de faire douter la Juventus, et la saison 2017-2018 appuie ce point. En effet les Napolitains, réputés pour produire le plus beau jeu d’Italie roule sur le Serie A et restent pendant 28 journées à la tête du classement. Toute l’Italie s’enflamme et pense que le Napoli va signer la fin du règne de la Juventus. Mais les coéquipiers de Buffon savent gérer la pression, sportive et médiatique. Ils continuent à travailler, et malgré le rythme infernal imposé par le Napoli, la Vieille Dame reste accrochée au wagon, prête à chipper la place de leader au moindre faux pas. Et en cette 28e journée le Napoli, éliminé de toute les compétition, commet ce faux pas en se faisant sanctionner sèchement par l’AS Roma (4-2). Une aubaine pour la Juventus qui ne se fait pas prier pour remporter son match, et prend au passage les commandes de la Serie A. le Napoli va alors rentrer dans un cercle vicieux, eux qui pensaient enfin soulever le Scudetto qui les fuit depuis 30 ans. Ils lâchent de plus en plus de points et voient la Juventus prendre jusqu’à 7 points d’avance à 8 journées de la fin. Mais la Juventus qui est toujours en course en Ligue des Champions, lâche elle aussi des points au passage, si bien que seulement 4 points séparent les deux équipes avant le face à face. Et ce face à face relancera totalement le Calcio, redonnant un espoir presque inespéré au Napolitains. Ces derniers s’imposent en toute fin de rencontre sur une tête rageuse de Koulibaly qui laisse Buffon impuissant. Le Napoli revient alors à -1 et le rêve de sacre est encore permis. Le calendrier leur est favorable, la grande majorité des Italiens, journalistes, tifosi et dirigeants se rangent derrière le Napoli. Seule contre tous la Juventus ne tremble pas. De son côté le Napoli, peut-être par excès de confiance, va s’écrouler à deux reprises. Ils se feront surprendre sur le terrain de la Fiorentina (3-0), et ensuite sur leur terres face au Torino (2-2). Le scudetto est définitivement perdu, et Buffon lève son 7e scudetto consécutif. Un record, un règne sans partage, une seule reine…. La Juventus !

En Ligue des champions, la Juventus se hisse jusqu’en quart de final. Pour ce faire elle se sera débarrassé des Anglais de Tottenham en huitième. Lors du match aller la Juventus marque par deux fois assez rapidement, mais Buffon encaisse 2 buts et le match se solde sur le score de 2 à 2. Les avis sont partagés mais beaucoup de pessimisme pour le retour, tant la vieille dame affiche de sérieuse lacunes, aussi bien dans le jeu que dans l’envie. Pourtant elle se présente sans peur à Wembley. Tottenham va ouvrir le score après une assez net domination et les espoirs d’une qualification se font de plus en plus mince. Les Anglais imposent un pressing impeccable et une envie irréprochable ce qui n’est pas le cas des Bianconeri qui ont toute les peines à construire leurs actions et à mettre en place leur jeu. Oui mais voilà, Allegri est un tacticien, et il va effectuer 2 changements coup sur coup ce qui lui est rare comme habitude. Pourtant ces deux changements vont faire la différence car la vieille dame va afficher un tout autre visage. Et c’est à l’expérience qu’elle profitera d’une baisse de régime des anglais pour marquer 2 buts en presque autant d’occasions devant un stade médusé. C’est Gonzalo Higuain et Paulo Dybala qui douchent les rêves des hommes de Pochettino, coach de Tottenham.

En quart de final, la Juventus sera opposé à un rival aux airs de déjà vu, le Real Madrid. Le match aller est une catastrophe pour Gianluigi Buffon qui encaisse 3 buts, dont il n’est pas innocent. La Juventus se fait corriger 3-0 dans son antre. Pour le retour elle doit aller combattre au Santiago Bernabeu, le théâtre du Real Madrid avec un retard de 3 buts. Un retard important face à la meilleure équipe du monde, en voilà tout un programme. Mais une fois de plus, c’est avec son cœur et son courage que les bianconeri vont aborder ce match, ouvrant même le score dans la première minute de jeu. Mieux encore elle ne laissera que peu d’occasion aux madrilènes de mettre en place leur jeu. Un deuxième but vient totalement redonner espoirs aux tifosi. Puis sur une erreur incroyable de Navas, c’est blaise Matuidi qui glisse le ballon au fond des filet pour relancer ce quart de final, et s’autorise à croire à la qualification. La Juventus va défendre, et bien le faire. Les prolongations pointent et tout le monde reste bouche bé devant la prestation de haut vol de la Juventus……… Jusqu’à la 93e minute, le moment où tout bascule !

On pense alors que Buffon et ses co-équipiers vont tenter leurs chances lors de la prolongation, mais sur une erreur de marquage venu du couloir, Lucas Vazquez se voit adresser un centre par l’intraitable Ronaldo, qui le laisse seul face à Buffon. Dans une tentative désespérée, Benatia lance son pied, met il met ses mains dans le dos du madrilène, et le pied à hauteur de la poitrine. L’espagnol s’écroule et l’arbitre siffle immédiatement pénalty. Décision qui voit alors une scène très peu habituelle. Gilanluigi Buffon, le légendaire gardien connu pour son fair-play et son calme, entre dans une immense fureur et proteste cette décision avec Véhémence. L’arbitre n’accepte pas les remontrances du portier, et sort un carton rouge. Gigi sort fou de rage, et des altercations commencent sur le terrain. C’est Wojciech Szczesny  qui remplace alors Buffon et qui se retrouve face à Cristiano Ronaldo avec la lourde responsabilité de garder ses cages inviolées. Mais le quintuple ballon d’or ne tremble pas, et marque le pénalty, validant le billet des demi-final pour son équipe. La décision de l’arbitre va faire grand bruit, et aux quatres coins de l’Europe ont débat sur la légitimité de la décision. Les médias pro madrid titrent « Il y avait pénalty » mais quant aux médias pro Barça, ils titrent « Le vol du siècle ». Même chose en Italie où les camps s’opposent. Et également la même chose dans le monde arbitral. Une décision qui divise le monde du Football donc. Buffon, qui n’en décolère pas va prendre la parole devant les médias, pour faire une déclaration fracassante :

« Cet arbitre n’a pas de cœur. Il a un sac poubelle à la place du cœur. Si tu n’as pas de personnalité et de courage, tu vas en tribunes regarder le match avec ta femme et un Sprite […] Il faut une certaine sensibilité pour comprendre l’importance de certains moments sur le terrain. Si on n’a pas cette sensibilité, on n’est pas digne d’être sur le terrain. A ce moment-là, il faut être en tribune avec ses parents, un paquet de chips et un coca. On ne peut pas faire des choses comme ça »

Des propos qu’il regrettera par la suite :

« Je regrette ce que j’ai exprimé en dehors du terrain et je suis vraiment désolé parce qu’en 23 ans de Ligue des Champions, je n’ai jamais été exclu ni suspendu et que je pense avoir eu une conduite sportive avec tout le monde. Après quelques jours, j’ai regretté d’avoir offensé l’arbitre. C’est un être humain qui fait un très dur métier. Si je l’avais rencontré deux jours après, je l’aurais embrassé et je lui aurais fait des excuses, tout en confirmant ce que je pense, à savoir qu’il aurait pu y aller plus doucement »

La Juventus réalise malgré cela un 4e doublé Scudetto+Coppa consécutif, et Gianluigi fait ses adieux au public turinois lors de la dernière journée de Serie A qui oppose la Juventus à l’Hellas Vérone.

Pour ce dernier, les tifosi déploient une magnifique banderole à l’effigie de la légende. Les joues sont inondés mais non en raison de la pluie qui tombe sur Turin. Ce sont bien des larmes qui coulent partout dans le stade, des tifosi à ses co-équipers, tout le monde y va de sa larmichette. Un grand moment d’émotion qui accompagne la célébration du scudetto et les adieux de Buffon à la Juventus. 

Une page qui se tourne dans l’histoire Bianconera.

Il y’a 17 ans, signait un homme… devenu monument !

 

Buffon en quelques chiffres :

23 ans de carrière.
17 ans à la Juventus.
+ de 600 matchs joués, dont 300 sans encaisser de buts.
21 trophés : 1 C3, 5 Supercoupes, 5 Coppa, 10 Scudetti.
Champion du Monde 2006, finaliste de l’Euro 2012, finaliste de la Ligue des Champion 2003, 2015, 2017.

Le futur ?

Ayant encore soif de temps de jeu et de victoires, et la Juventus ne lui permettant plus de continuer comme il l’aurait souhaité, le gardien italien s’est engagé avec le PSG afin de profiter encore pour un ou deux ans du football au haut niveau. Impossible de reprocher à Gigi de vouloir continuer à jouer alors qu’il a toujours tout donné avec tant de passion pour le football.

On souhaite une bonne continuation à cet homme et ce joueur extraordinaire, qui nous aura fait rêver et aura tout donné pendant 17 ans en bianconero !

Le pouvoir use ceux qui ne l'ont pas

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