Auteur d’une très bonne prestation à l’aller, le défenseur bianconero Giorgio Chiellini s’est longuement exprimé en conférence de presse sur le retour face à Monaco.

Samedi dernier, la Juve a pris un point dans le derby, afin de se rapprocher du Scudetto. Allegri avait effectué un turnover important, comme dans beaucoup de matchs ces derniers mois. On peut donc affirmer que, si tous les joueurs aurons participé aux succès de l’équipe: «Nous avons la chance d’avoir un effectif de très haut niveau, donc le fait d’avoir joué et le Torino et Monaco cette dernière semaine ne nous a pas fatigué physiquement. Malgré les sept ou huit changements, nous avons fait un grand match. Je ne sais pas quelle sera la formation du coach demain, mais nous allons bien, nous sommes très nombreux, nous jouons tous, et nous arrivons au match de demain en bonnes conditions, aussi bien physique que mentale.»

D’ailleurs, Chiellini refuse d’abord de se définir comme l’un des principaux protagonistes de la solidité défensive emblématique de la Juventus: «Les bonnes phases défensives résident dans l’équilibre de l’équipe. Si nous encaissons peu de buts, c’est justement pour cela, nous avons de la qualité dans chaque secteur de jeu, et une équipe qui se sacrifie entièrement, même lorsque l’on n’a pas la possession. Ce serait réducteur d’attribuer le mérite uniquement aux défenseurs pour avoir pris peu de buts, comme ça le serait de l’attribuer seulement aux attaquants lorsque l’on en marque beaucoup. Le foot est beau parce qu’il se joue à 11. Il doit y avoir une alchimie particulière entre tous les joueurs.»

Encore mieux, selon lui, les joueurs ne sont même pas les principaux acteurs d’une victoire:

«Les résultats dépendent de tout le club. Ils dépendent donc tout d’abord de ceux qui sont au sommet, parce que, avec tout le respect que je leur dois, ce ne sont pas les joueurs qui gagnent, mais les clubs. Si les membres les plus hauts sont d’un certain niveau, c’est que les choix sont bons, que les directives données et que l’atmosphère créée sont les bonnes.»

Cette solidité ferait presque oublier à certains que non, Monaco n’a pas été inoffensif durant le match aller: «Monaco nous a mis en difficulté, et comment! Nous avons rencontré une grande équipe très forte offensivement, dont deux attaquants de classe mondiale qui nous ont vraiment donné du fil à retordre. Ils ont des caractéristiques différentes, mais sont complémentaires. Falcao et Mbappé sont un mélange d’expérience et de jeunesse de très haut niveau et nous avons terminé le match épuisés. Au milieu aussi ils ont des joueurs de très grande qualité, et si nous avons été bons en phase défensive, nous n’oublions pas que nous avons concédé ces deux ou trois occasions dont Buffon a dû s’occuper alors qu’il n’est heureusement pas habitué à intervenir autant dans un match.»

Mais la solidité défensive n’est pas la seule caractéristique de la Juventus. Elle est également une équipe qui a compris que le foot se jouait à 11. Chiellini loue son sens du sacrifice: «Même si nous avons fait jouer les joueurs les plus techniques et les plus forts que nous avions, ils se sont tous mis au service de l’équipe. Ce n’est pas un hasard si durant les deux derniers mois nos résultats ont été aussi hauts alors que nous changeons sept ou huit joueur par match. C’est donc cette empathie et ce feeling qui sont un ingrédient sans lequel il est impossible d’arriver au bout de toutes les compétitions.»

Un feeling particulièrement présent au sein du secteur défensif Buffon-Barzagli-Chiellini-Bonucci qui évolue ensemble depuis maintenant 6 ans: «Ça fait des années que nous jouons et passons nos vies ensemble, parce que durant les déplacements entre la Juventus et l’équipe nationale, nous nous voyons plus que nos propres familles. Nous sommes en train de vieillir, il y a peu Leo (Bonucci ndlr) fêtait ses 30 ans, et Barzagli aujourd’hui ses 36 ans. Mais je crois qu’on essaye aussi d’aider les nouveaux, de leur donner l’exemple, parce qu’ils seront le futur de ce club.»

Parmi les nouveaux, on compte: « Dani (Alves ndlr) qui est un fou qui vit sa vie à 300 à l’heure, toujours avec le sourire.»

Mais aussi: «Paulo (Dybala) qui est le plus taciturne, c’est un garçon assez réservé, travailleur, mais qui déjà quand il est arrivé l’an dernier ne lâchait pas son objectif des yeux. Ce n’est pas un hasard s’il a brûlé les étapes et qu’il est devenu un joueur qui fait la différence à chaque match. Cette année, il a fait un autre pas en avant, se présentant comme une des plus grandes promesses mondiales derrière les monstres sacrés que l’on connaissait.»

Et enfin, il y a «Gonzalo (Higuain)qui est la plus grande surprise parce que je m’attendais à une personne différente. Au contraire, il est généreux, s’est mis au service de l’équipe. Sa finition est impressionnante, il se trouve toujours seul dans la surface et ce n’est pas que les défenseurs ne savent pas le marquer. C’est lui qui fait beaucoup de mouvements, se retrouvant souvent seul dans la surface. Il aide aussi beaucoup l’équipe, il la fait jouer, tient le ballon et fait monter l’équipe. Au Napoli, il jouait autrement, aujourd’hui il est très complet et il est parmi les meilleurs numéros 9 du monde.»

Restons dans les attaquants: en face demain, il y aura Mbappé, l’un des jeunes les plus en vue cette saison: «Mbappé se met en valeur lorsqu’il s’agit de jouer en profondeur, c’est plus un attaquant que Paulo, il joue plus dans la surface et les chiffre le prouvent. Il a quasiment plus marqué de buts que débuté de matchs durant ces derniers mois. Ce sont des chiffre incroyables, et encore plus pour un garçon né fin 1998.»

Demain, il y aura donc à affronter cette équipe de Monaco pour aller chercher la finale. Malgré le 2-0 de l’aller, Chiellini ne s’y croit pas déjà: «Cardiff ne veut rien dire pour le moment, on a une demi-finale à jouer. Nous avons ces 95 minutes à affronter demain, qui cachent beaucoup de pièges. Cependant, nous avons aussi assez d’expérience pour savoir ce qui nous attend. Nous passerons le tour demain, et ensuite nous commencerons à penser un peu à Cardiff.»

On ne se rappelle pas un engouement aussi important il y a deux ans, alors que la Juve avait aussi atteint la finale. Chiellini explique:«Je pense que le changement réside dans la lucidité que l’on a avant d’affronter certains matchs. A la fin de 2015, peut-être qu’on ne s’attendait même pas nous-même à en arriver là, après le parcours que nous avons fait. Nous avons beaucoup progressé en deux ans. Le passage contre Monaco il y a deux ans était important: nous avions fait une démonstration de force qui a laissé quelque chose en nous, et ce quelque chose, nous l’avons montré durant ces 11 derniers matchs de Ligue des champions.»

La Juve, à la différence d’il y a deux ans, n’est donc plus un outsider en Ligue des champions. C’est pourquoi beaucoup parmi les journalistes et les supporters se permettent de penser qu’elle peut aussi réaliser le triplé. Mais Chiellini n’est pas de cet avis: «Vu comme je fonctionne, je n’y pense pas, parce que le secret de toutes les grandes équipes, c’est de penser à un match à la fois. Maintenant, notre objectif c’est d’arriver à Cardiff. Ensuite, nous aurons le Scudetto, puis la coupe d’Italie. Il y a deux ans, nous sommes arrivés au bout de toutes les compétitions, et nous avons perdu la finale. L’année dernière, il y a eu le regret de Munich où nous avions fait un grand match.»

S’il refuse d’y penser, il ne rejette cependant pas cette hypothèse: «Mais si nous arrivons au bout de tout, ou presque, ça veut dire que nous en avons les capacités. Il est juste que les supporters rêvent du triplé, mais nous, nous devons penser au présent, match après match. Demain il faudra courir, transpirer, se donner du mal pour atteindre le premier objectif, qui est de jouer tous les matchs à fond.»

Le premier objectif, le Scudetto aurait pu être remporté ce week end. Ce n’a pas été le cas, en raison du match nul de la Juve et de la victoire de la Roma, mais Chiellini ne le regrette pas: «Sincèrement, nous faisons la course avec nous même. L’important c’est de gagner le Scudetto, si ce n’était pas samedi dernier, ce sera peut-être dimanche prochain, ça ne change pas grand-chose, l’important -et je suis sûr que nous y arriverons- c’est de le remporter à la fin.»

Et pour finir, voici ce qui se passe dans la tête d’un champion lorsqu’on est encore en lice pour réaliser un triplé historique: «Je pense que de commencer à voir l’objectif toujours plus proche nous donne plus d’énergie et plus de motivation. Ça fait neuf mois, depuis juillet que nous nous donnons du mal, que nous transpirons et nous entraînons pour arriver à cet objectif. Par rapport au passé, nous avons aussi appris à contrôler la pression et la tension qui augmentent quand le but approche. Nous avons perdu la finale en 2015 et nous avons l’envie d’y retourner. Le premier objectif est de l’atteindre, et une fois que ce sera fait, nous nous occuperons de gagner parce qu’il faut changer le souvenir que l’on a des finales. Mais d’abord, pensons à demain.»

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