Mercredi 28 octobre 2015, 22h30. Ce soir-là, la Juventus termine son match sur une bien triste défaite, la quatrième en 10 rencontres déjà. Jamais auparavant la Juventus n’avait aussi mal entamé un championnat, pas même lorsqu’elle termina deux saisons consécutivement aux septièmes places entre 2009 et 2011. Ce soir-là, tous les regards se tournent vers le banc, précisément vers Massimiliano Allegri. Lui qui a vu son aventure milanaise se terminer après une lourde défaite contre le même Sassuolo est pointé du doigt, remis en question mais recevra de la part de sa direction la confiance nécessaire pour continuer.

Un début de championnat catastrophique

Les raisons sont multiples pour expliquer ce mauvais début de championnat. Les indisponibilités tout d’abord, notamment au milieu du terrain dont l’absence de Marchisio se fait ressentir ou encore les blessures à répétition de Khédira, le rendement des recrues estivales qui n’est pas encore au rendez-vous escompté mais aussi le manque d’automatisme et de repères sur le terrain de ses joueurs. Ce soir-là, Allegri innove à nouveau avec un 4-4-2 jusqu’alors inédit et change son système de jeu pour la sixième fois en autant de rencontres de championnat mais ne pourra éviter la défaite des siens. A 10 sur le terrain après l’expulsion de Chiellini, la Juventus va suivre un long chemin de croix jusqu’au coup de sifflet final, presque salvateur. La Juventus pointe alors à 11 points de la Roma, leader après cette 10ème journée. Le retard semble irrattrapable et pourtant Allegri continue d’y croire : « Nous sortirons de cette situation, tous ensembles à partir du prochain match contre le Torino et du prochain match de Champions League ».

Juventus-Torino, la révolte commence

C’est alors que prendra forme la remontée de la Juventus qui occupera après cette défaite la 12ème place du championnat. Tout commence lors du Derby della Mole, un match ô combien important pour la communauté Bianconera qui ne supportera pas l’affront de perdre contre son ennemi juré. Allegri change à nouveau de schéma tactique, optant pour le 4-3-1-2 qu’il tente en vain de mettre en place depuis le début de la saison. Il récupère Khédira et Marchisio et peut enfin aligner une équipe type où manque seulement Lichtsteiner alors convalescent.

Et pourtant, tout commencera mal pour la Juventus qui perdra sur blessure Khédira, remplacé dès la dixième minute par Cuadrado qui ne se doute pas encore qu’il sera l’un des héros du soir. Allegri réagit vite et opte pour un 4-3-3 qui en peu de temps amènera l’ouverture du score par Pogba profitant de l’occasion pour faire taire les critiques subies contre Sassuolo. Ce but doit être le signal de révolte, la Juventus semble faire preuve de caractère et tiendra ce résultat, sans être inquiétée, jusqu’à la mi-temps.

C’est à ce moment-là que les travers banconeri resurgissent en pleine lumière. Six minutes après le coup d’envoi de la seconde mi-temps, le Torino égalise par Bovo et manquera de peu de mettre KO la Juventus, c’était sans compter une superbe parade du dernier rempart turinois. La Juventus peine à reprendre les choses en main et subit le cours du match. Les Granata poussent mais continuent de se heurter à Buffon, impressionnant sur sa ligne et tenant à lui seul le point du partage.

Allegri prendra les mesures du scénario qui se profile et sortira Dybala pour Sandro, une façon de sécuriser le score et de renforcer l’assise défensive et pourtant, Alex Sandro s’avèrera être lui aussi un des héros du soir. On assiste alors à une fin de match assez folle. Bonucci croit alors donner l’avantage aux siens mais son ballon trouve la barre transversale. Les Granata sont prévenus, la Juventus y croit et à raison puisque c’est à la 93ème minute qu’arrivera la délivrance, quand Alex Sandro servira un centre magistral pour Cuadrado qui devancera Padelli. Coaching gagnant pour Allegri, la Juventus obtient les trois points qu’ils espéraient à la suite d’un match pourtant peu convaincant.

Mais l’essentiel est là, plus que la victoire c’est le scénario qui sonnera la révolte et Allegri ne manquera pas de le souligner : « Nous avons été chanceux, c’est vrai, mais nous méritons cette victoire. Quand le Torino a égalisé, nous avons eu un moment de faiblesse mais après ça nous avons cherché à reprendre l’avantage, et nous l’avons fait ».

La confirmation

Nous voilà le 14 décembre 2015, la Juventus est remontée à la quatrième place du classement à 6 points de l’Inter, actuel leader. La Roma, quant à elle, est derrière la Juve, à un point, et s’est donc vu reprendre 12 points en seulement 6 rencontres par la Juventus. Le sursaut d’orgueil contre le Torino a bel et bien porté ses fruits puisque la Juve enchaine depuis lors victoires sur victoires et réussi enfin à convaincre.

Enfin, pas tout à fait, car lorsque la Juve rencontre l’Empoli juste après le Torino, on la croit alors encore chuter lorsqu’elle sera menée au score à la 19ème minute. Mais la Juve a pris note de ses erreurs et ne se laissera pas déstabiliser, coup sur coup Mandzukic et Evra donnent l’avantage à la Juve avant que le score ne soit définitivement scellé par l’inévitable Dybala. La Juventus enchaine enfin, et pour la première fois, une seconde victoire consécutive en championnat. Allegri respire quelque peu : « Le parcours est encore long, mais cette seconde victoire consécutive est un bon signal ».

Et la Juve ne s’arrête pas en si bon chemin quand elle rencontre le Milan AC, à domicile. Elle a alors l’occasion de passer devant ses adversaires du soir et saura saisir sa chance. Au terme d’un match maitrisé de bout en bout, la Juventus parvient à accrocher sa troisième victoire consécutive et signer son retour. Grâce à une action rondement menée par Sandro qui cherche Pogba sur le côté gauche et le trouve, ce dernier parvient alors à retrouver les gestes qui font de lui le grand joueur qu’il était la saison dernière en offrant une superbe passe au même Sandro qui trouvera immédiatement Dybala qui ne manquera pas l’occasion de faire exploser de joie tout le stade.

La Juventus remonte petit à petit au classement grâce à cette troisième victoire à la suite, importante d’après les mots du Mister « C’était un match très compliqué, parce que le Milan a bien joué et nous a posé des difficultés. Peut-être ce n’était pas un grand match du point de vue technique, mais l’important était d’obtenir la troisième victoire consécutive »

Un calendrier compliqué

A la suite du match contre le Milan, la Juventus entre alors dans une phase critique de la saison avec un calendrier des plus compliqués. La qualification en Champions League n’est pas encore acquise et il reste deux matchs à la Juventus pour l’obtenir, en commençant par City à domicile. S’en suivront les matchs contre Palermo et la Lazio, en championnat, avant de se déplacer à Séville et enfin recevoir la Fiorentina. Il parait assez évident que certaines réponses aux questions d’Allegri trouveront leurs réponses en cette période et la Juventus saura démontrer qu’il ne s’agit pas d’un hasard. Elle actera solidement sa qualification en Champions League en venant à bout des Citizen, offrant une partie pleine de maitrise et de sérénité avant de battre respectivement, et assez simplement, le Palermo et la Lazio à l’extérieur avant d’obtenir leur sixième victoire de rang, en championnat toujours, contre la Fiorentina. Seul petit bémol pour les troupes d’Allegri, la perte de la première place du groupe en Champions League due à une défaite contre Séville. Un petit bémol aux lourdes conséquences puisque la Juventus se verra affronter le Bayern de Munich en huitième de finale en février prochain.

En attendant, il reste un match à la Juventus avant les fêtes de fin d’année pour continuer sa folle remontée. Un match face à Carpi, dimanche prochain et à l’extérieur, qui devra définitivement remettre la Juventus en course pour le Scudetto.

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