Nouveau coup d’éclat à la Juve, Leo Bonucci regardera les siens affronter Porto depuis les tribunes Mercredi soir pour le compte des huitièmes de finale aller de Champions League. La cause ? Une brouille entre Mad Max et Bonny, à base de mots doux, langage fleuri et avis divergents à la suite du but encaissé contre Palermo Vendredi soir. Au-delà de la sanction sportive, doit-on y voir une anecdote ou le début d’un vrai problème entre Max et son vestiaire ?

Au cours de son mandat à la Juventus, Max Allegri n’a pas toujours fait l’unanimité auprès des supporters, loin de là. Débarquant à Vinovo au cours de l’été 2014 avec une étiquette de loser rigoureusement collée à la fesse après avoir coulé avec le Milan, le Mister fut parfois raillé voire moqué, contesté. On lui reproche au départ son manque de charisme, d’être trop lisse, de rester dans les pantoufles encore très chaudes de Conte sur le schéma tactique en restant campé sur son 3-5-2… pas facile pour le toscan de passer derrière la folle histoire d’amour entre Antonio et sa vieille dame. Grâce à lui, la Juventus a de nouveau su comment gagner. Indéniablement, son implication, sa passion, ses colères diaboliques qui effrayaient jusqu’aux marquages au sol de sa zone technique ont marqué au fer rouge le cœur des tifosi.

Mais voilà, Mad Max avait posé ses valoches au J-Stadium, remplies jusqu’au ras-bord de vestes réversibles qu’il a depuis distribuées par wagons, d’abord en permettant à la Juve de conserver son rythme de croisière meurtrier en Italie, puis en raflant sur le passage la première Coppa Italia du club depuis 20 ans. Dans sa folle traversée, Max a même emmené la Juve sur le toit de l’Europe en la faisant espérer un triplé championnat-coupe-C1. L’année suivante, la fameuse « Année 2 » qui d’habitude lui coûte cher (se référer à Cagliari et Milan), et malgré un début poussif, le bilan reste exceptionnel : Un nouveau doublé coupe-championnat record, bien que le parcours en C1 fut court, s’arrêtant en huitièmes contre le Bayern à l’issue d’une double-confrontation de très haut niveau déjà culte. Pendant ces deux ans, jonglant entre les arrivées et les départs, il a fait muter le 3-5-2 de Conte en 4-3-1-2, et depuis le début de l’année dans un 4-2-3-1 offensif inédit qui lui est propre dans lequel la Juve semble s’être complètement trouvée. Victoires à la pelle, records battus, alignement tactique inédit, équipe efficace, Allegri semble s’être complètement approprié son sujet. Chouette, enfin tranquille ! Sauf que….

BONNY AND MAX

Un « tape m’en cinq » dans le vent et une joute verbale plus tard, voici Allegri chamaillé ce par quoi il ne s’attendait probablement pas : ses propres joueurs. Premier fait fin Janvier au Mapei Stadium contre Sassuolo à la 78e minute, un Paulo Dybala particulièrement frustré d’être remplacé se distingue en foutant un vent royal à la main tendue de son coach au moment de sortir. Aïe.



« Eeeeeeeett…. Nope. »

Étonnant de la part de l’argentin, qui d’habitude fait beaucoup plus parler de lui par son jeu chaloupé que par sa faculté à invoquer le mistral. Le méa culpa de la Joya ne traînera pas, fera son autocritique en ne manquant pas de souligner une « erreur » de sa part dans sa récente interview accordée à Sky Sport. Erreur de jeunesse isolée donc ? En tout cas pas de sanction pour Dybala qui jouera le Derby d’Italia le week-end d’après en tant que titulaire.

Moins d’un mois plus tard, c’est donc au tour de Bonucci de se frictionner avec l’autorité du mister, dans un match pourtant tranquillement géré contre Palermo le week-end dernier, les deux hommes se bourrent le mou suite au but encaissé par les Bianconeri en toute fin de match (4-1), les mots fusent et les caméras italiennes captent tout de l’échange et d’un « Vaffanculo » de Bonny balancé à la tronche de Max. Décidemment…

Les changements tactiques opérés seraient à l’origine de tout ça. Voilà pour la forme.
Sur le fond, cette deuxième embrouille en moins d’un mois entre Allegri et l’un de ses joueurs cadres suscite quelques questionnements, d’autant plus que la Società s’est voulue cette fois intransigeante et ne désavoue pas son coach ; direction les tribunes pour le match de C1 contre Porto pour Bonucci, malgré toutes les conséquences sportives que ça comporte. La question de fond est désormais la suivante, Max Allegri serait-il entrain de perdre le contrôle sur son vestiaire ? Rares sont les incidents de ce genre à la Juventus, bien que l’on sait que les décisions d’un entraîneur ne font pas toujours l’unanimité chez ses joueurs. Cette brouille partirait plus d’une volonté de bien faire, née de la frustration de l’occasion gâchée de rendre un clean sheet à l’issue du match. Mais, disons-le ; rares sont à la Juventus les manifestations d’irrespect dans ce genre, captées par des caméras.

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Par ici m'sieurs dames
« Par ici m’sieurs dames. »

Attention à ne pas tirer sur l’ambulance, la Juve est loin de trembler, sa décision ferme l’atteste et prouve une fois de plus qu’il n’y a personne au-dessus du club. Max Allegri lui, est encore loin d’un départ malgré des rumeurs persistantes qui affirment le contraire. Il parait tout de même essentiel qu’une mise au point se fasse pour reconsolider le club et recadrer quelques comportements pour ne pas nuire à terme aux performances de l’équipe. Et puis, ça serait bête de gâcher le bel élan de cette Juve depuis le début d’année qui régale tant tactiquement qu’offensivement, à l’approche des grosses échéances de Champions League. Il est important que l’équipe entière reste solidaire à Allegri aussi longtemps qu’il restera sur le banc bianconero.

Néanmoins attention à cette rumeur qui veut que l’amour dure 3 ans. Conte, lui, n’avait pas été plus loin…

Entre p'tits ponts lyriques et tacles à la jugulaire. S'est déjà fait les croisés à l'auriculaire gauche. Deux fois.

1 commentaire

  1. Article trés bien rédigée, dans la profondeur du sujet.

    Je n’ai pas vu le match contre palerme, quels ont été les changements tactiques opéré par Mad Max qui ont ne sont pas de l’avis de Bonny ???

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