Mario Mandzukic se fait rare dans les médias. Voilà pourquoi il ne faut surtout pas manquer ses interviews. A quelques jours de la finale de la Supercoppa, l’attaquant international croate s’est confié au Corriere Dello Sport.

Mario Mandzukic, on t’a toujours connu grand et gros. Tu l’étais déjà enfant ?
« Non, au contraire. J’était tout petit et pas très puissant, à tel point que selon certains, je n’avais pas les caractéristiques pour jouer dans certains rôles, sur les côtés par exemple. Mais j’étais tenace, très résistant et je voulais leur montrer qu’ils avaient tort. Je voulais jouer à tout prix ».

A 11 ans, tu réussissais le test de Cooper (3 300 mètres) en seulement 12 minutes, ce qui est impressionnant. C’est vrai ?
« Tout à fait ! Mais je ne m’en rappelais même plus. Pour moi, c’était juste une motivation pour mieux jouer au football et courir plus vite que les autres. Je voulais être le meilleur ».

Pourquoi tu as choisi le football et pas l’athlétisme ?
« C’est grâce à mon père, qui était un bon défenseur. Il m’emmenait à ses entraînements et je suis tombé amoureux de ce sport ».

Qui était ton idole ?
« Ronaldo, le Fenomeno ».

Les termes passion, courage et fierté font partie de ton vocabulaire. Qu’est ce qu’ils signifient pour toi ?
« Ce sont des concepts essentiels et ça ne date pas d’aujourd’hui. Ils représentent ce que je ressens et ce que je veux sentir : dans le football et aussi dans ma vie privée ».

Un attaquant est plus jugé sur ses buts que les kilomètres parcourus. Ca te gêne parfois ?
« Je mets toute l’énergie que j’ai, et j’en ai beaucoup, pour aider la Juventus à gagner. Le plus important, c’est que mes coéquipiers et l’entraîneur le sachent. Et parfois, j’ai l’impression que les tifosi le comprennent mieux que de nombreux experts. Mais il vaut mieux gagner des matchs que compter ses buts ».

L’année dernière, tu as vécu un moment difficile avec ta blessure au coude. Pourtant, on en a peu entendu parler. Pourquoi ?
« Contre l’Udinese, lors de la première journée, je me suis blessé contre un panneau publicitaire. Je n’aime pas pleurnicher parce que ça me déprime encore plus et je ne veux jamais chercher des excuses. Je préfère lutter contre la douleur mais j’admets que j’ai traversé 3-4 mois très compliqués. La blessure s’est infectée, j’ai du prendre des antibiotiques et chaque contact à l’entraînement me faisait souffrir ».

Tu as l’air très énervé quand tu es sur le banc. Qu’est ce que tu ressens dans ces moments ?
« Ce n’est pas que je suis vraiment énervé. Tout vient de mon amour viscéral pour le football. C’est plus de la déception, comme quand on appelle un enfant qui joue dans la cour et qu’il doit rentrer chez lui. Je n’arrive pas à cacher mes émotions et je ne suis pas un robot. Je mets énormément de passion sur le terrain et c’est normal d’être déçu de sortir. Mais il n’y a rien de grave ».

C’est peut-être cet air méchant qui le laisse penser ?
« Mais non, je ne suis méchant que sur le terrain ».

As-tu demandé des garanties à l’entraîneur ou la société quand Higuain est arrivé ?
« Non. Il n’y a que des joueurs forts qui arrivent dans une équipe comme la Juve. Avec Higuain, on se comprend très bien, sur le terrain et en dehors. Certains aimeraient sans doute qu’il y ait quelques désaccords entre nous mais non, il y a une grande estime réciproque. Ensuite, chacun de nous doit prouver sur le terrain ce qu’il vaut ».

Tu pensais jouer autant avec le Pipita ?
« Pourquoi pas ? Je ne me suis jamais posé le problème et je ne me suis pas fait des films. Je crois que nous avons prouvé que nous étions capables de jouer ensemble. J’ai une vision du football dans laquelle il faut être ouvert à toutes les possibilités, sans créer des problèmes et en travaillant pour gagner ».

Faisons un jeu : tu prêtes tes poumons à Higuain, qu’est ce que tu lui prends en échange ?
« Ses poumons aussi, ils sont très bons ».

Mais tu cours plus.
« Je cours plus que tout le monde ! ».

Le trident avec Dybala est faisable ?
« Les bons joueurs peuvent toujours s’entendre. En réalité, le football est très simple. Même si parfois, certains aiment le rendre compliqué ».

C’est Allegri qui t’a appris cette phrase ?
« Nous pensons la même chose ».

Le football italien est-il en retard par rapport à l’Espagne, l’Angleterre ou l’Allemagne ?
« Chacun a son style. En réalité, la Serie A est difficile, très complexe d’un point de vue tactique. Et elle n’est pas absolument pas en retard par rapport aux autres ».

Spaletti a dit que la Roma a perdu contre une Juve « avec un physique d’animaux ». Qu’en penses-tu ?
« Lui aussi montre beaucoup d’énergie quand il entraîne son équipe. Si un entraîneur comme lui le dit, c’est qu’il nous fait un grand compliment. Ca doit toujours être comme ça : il ne suffit pas de porter le maillot et d’attendre que les autre s’inclinent devant nous. Nous devons être des bêtes féroces : c’est comme ça qu’on gagne. Et qu’on regagne ».

Tu as été décisif lors de la Supercoppa 2015 contre la Lazio. Vendredi, à quel matchs faut-il s’attendre contre un Milan qui vous a déjà battu ?
« C’est une finale, donc c’est difficile. La défaite à Milan est un avertissement pour nous. Mais aussi une motivation pour être plus concentrés et focalisés sur la victoire ».

Quand vous perdez un match comme celui contre le Genoa, que se passe-t-il dans le vestiaire ?
« Ce qui se passe dans le vestiaire reste dans le vestiaire. C’est la règle. Ca peut arriver de perdre. Mais pas comme ça. Nous l’avons tous compris et dans les matchs qui ont suivi, nous avons montré notre vrai caractère ».

Tu as gagné la Ligue des Champions avec le Bayern ? Quel effet ça fait ?
« C’est difficile de le décrire, mais c’est quelque chose qui restera toujours en moi et un très beau souvenir. Et c’est aussi pour ça que je voudrais énormément le revivre avec la Juventus ».

Vous pouvez faire jeu égal contre n’importe quelle équipe comme le dit Allegri ?
« En Europe, chaque seconde compte, il ne peut pas y avoir de distractions et il faut un peu de chance. Mais je crois que nous battre sur deux matchs sera difficile pour tout le monde. Donc nous avançons, pas après pas, avec confiance ».

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