Le directeur général de la Juventus, Beppe Marotta, a aujourd’hui concédé une interview exclusive à Tuttosport. Voilà les éléments qu’il faut en retenir :

Son arrivée en 2010 : « Au début, ce ne fut pas facile. Nous étions face à un désastre. Une situation difficile, tant au niveau de la société qu’au niveau de l’effectif. Et nous avions peu de temps à disposition pour préparer la saison suivante, une fois l’entraîneur choisi. L’ambiance dans le vestiaire était impressionnante, il était presque déprimé. Les joueurs étaient tous découragés par les résultats et le contexte des dernières saisons.

Je me rappelle quand j’ai appelé Camoranesi… Alors que je l’attendais dans mon bureau, j’ai pensé : c’est un champion du monde et je dois lui dire de s’en aller. Et je dois bien admettre que je craignais des réactions un peu fortes, vues les histoires qu’on entendait, sans savoir si elles étaient vraies, à propos de bureaux renversés par Ibrahimovic quelques années plus tôt… Camoranesi, au contraire, m’a surpris parce qu’il m’a dit : vous avez raison, ici il faut tout changer pour faire renaître la Juventus. Mais à ce moment, la société avait déjà complètement changé. Nous avons remplacé tout le monde, du magasinier au président : une révolution profonde et nécessaire pour reconstruire une équipe au siège. Nos victoires sont le fruit du travail de groupe. Une organisation fortement voulue par Andrea Agnelli ».

Allegri : « C’est une personne très intelligente et réfléchie. Il sait toujours comment se comporter ».

Pirlo, Tevez et Vidal : « Nous savions à l’avance qu’ils partaient et nous avons donc agi en amont ».

Dybala : « A un moment, nous étions sur le point de le perdre alors nous avons immédiatement réagi et nous avons relancé. Quand tu es sûr d’un joueur, tu ne peux pas te permettre de le perdre, même si il faut le payer un peu plus cher. Cet argent représente un investissement et le fait que Paulo ait doublé sa valeur en douze mois en est la preuve ».

La crise du début de saison : « Nous avons bien fait de maintenir notre sang froid et de soutenir l’entraîneur en qui nous avons toujours eu confiance. Le reste a été fait par un groupe qui, vous m’excuserez la vulgarité, a deux grosses couilles ».

Les ventes : « Nous avons le devoir de toujours envisager l’hypothèse malheureuse d’une saison tordue et d’une non qualification en Ligue des Champions. Cela créerait une perte économique remarquable. Dans ce cas, tu dois être prêt à vendre un de tes meilleurs joueurs pour maintenir la stabilité économique du club ».

Les équipes B : « Pouvoir garder nos jeunes proches de nous, les faire grandir aux côtés de nos champions et dans le même temps leur donner la possibilité de jouer avec continuité pourrait relancer complètement un système italien dans lequel les jeunes espoirs finissent trop souvent par se perdre ».

Morata : « Son futur sera défini d’ici une dizaine de jours, deux semaines max. Sa volonté aussi aura un certain poids. Une fois que nous aurons parlé avec le Real Madrid, nous agirons sur le mercato. Des alternatives ? Nous sommes entrains de surveiller quelques pistes mais précisons que nous recherchons des joueurs qui ont le niveau pour la Juve et donc cela restreint le choix ».

Berardi : « C’est un excellent joueur. Nous évaluerons la situation avec calme pour faire le meilleur choix pour nous et pour le garçon qui, dans le cas où il serait acheté, restera avec nous ».

Les sénateurs : « Avoir un socle dur composé de Buffon, Chiellini et Marchisio puis renforcé avec Barzagli et Bonucci représente une valeur ajoutée pour la Juventus. Et nous voulons tout faire pour renforcer cette valeur ajoutée en apportant toujours plus de qualité, comme nous l’avons fait ces dernières années. Nous sommes conscients qu’il faut abaisser l’âge moyen de la défense, qui a tout de même offert un rendement exceptionnel et pourra encore le maintenir. Si maintenant nous dominons, c’est justement parce qu’à part dans quelques situations spécifiques et quelques cas inévitables, nous avons toujours cherché à consolider le groupe ».

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