Le départ de Leonardo Bonucci est le plus gros coup de théâtre du mercato. Conclu au terme d’une négociation éclair entre la Juventus et l’AC Milan, il a surpris tous les tifosi, et pas seulement. Interrogé par le site internet Lettera43.it, l’ancien directeur général de la Juventus Luciano Moggi donne son avis sur ce retournement de situation.

Que se passe-t-il à la Juventus ?
« Il me semble clair que quelque chose s’est rompu entre Bonucci et le reste de l’équipe. Il est évident que le joueur voulait s’en aller à tout prix. Mais je ne m’attendais certainement pas à ce qu’il finisse au Milan ».

Les tifosi sont furieux pour son transfert vers un concurrent direct. Et certains y voient même une fissure dans la suprématie bianconera.
« Personnellement, je ne l’aurais jamais donné aux rossoneri. En agissant ainsi, le Milan a défini la structure de son équipe et risque sérieusement de donner du fil à retordre à l’équipe d’Allegri. Ces dernières années, le joueur était très demandé à l’étranger. J’aurais tout fait pour faciliter une opération de ce genre ».

Depuis le match contre Porto, quand Bonucci fut envoyé en tribunes pour son comportement, les tensions semblaient s’être calmées. Jusqu’aux rumeurs sur la rocambolesque mi-temps de Cardiff.
« Seuls ceux qui fréquentent Vinovo et les alentours savent ce qui s’est passé. Ce qui est certain, c’est que le mécontentement exprimé et les mesures prises en retour n’ont pas facilité les choses. Il aurait peut-être fallu se comporter différemment ».

Venant de vous qui avait fait du point sur la table face à ceux manquaient de respect un atout…
« Certes, mais je dis juste que j’aurais géré la question à l’ombre des projecteurs. Le linge sale se lave en famille, punir les joueurs à la lumière du jour peut être une arme à double tranchant. Mes méthodes m’ont valu d’être pris pour un arrogant et je l’ai payé à prix cher. Mais quand on se comporte différemment, on finit par le payer sur le terrain ».

On entend souvent dire que si un joueur veut s’en aller, les sociétés sont contraintes à les satisfaire. C’est le cas ?
« Les joueurs vont où ils peuvent gagner le plus, n’en déplaise aux tifosi qui s’attachent à eux ».

Quitte à se remettre en cause dans un club qui, pour le moment, offre moins de certitudes.
« Le choix de Bonucci peut paraître hasardeux, c’est vrai. Mais peut-être qu’il a senti que ses coéquipiers en défense étaient proches de la fin ».

La direction de la Juve, Marotta en tête, sort-elle affaiblie de cette histoire ?
« Ils ont gagné six Scudetti de suite et atteint deux finales de Ligue des Champions. Le travail accompli par les hommes d’Agnelli est incontestable : les résultats parlent pour eux ».

Si vous étiez encore à la tête des opérations, vous offririez un coup de mercato pour satisfaire les tifosi « trahis » par Bonucci ?
« Laissons de côté les tifosi, qui perd son temps à suivre les humeurs des tifosi n’ira nulle part ».

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