Mercredi 17 Février, Alvaro Morata a accordé une longue interview au magazine allemand Sport Bild. Il y aborde le futur affrontement de la Juve avec le Bayern pour les huitièmes de finale de la Champions League, mais aussi ses coéquipiers, son passage au Real ou encore son futur.

Alvaro, tu retrouveras Xabi Alonso lors de la rencontre contre le Bayern : tu es content de le revoir ?

« Bien sûr ! Quand je suis arrivé en équipe première au Real, il a été un des seuls à rester toujours proche de moi, en me donnant de précieux conseils et en me disant de m’impliquer tous les jours aux entrainements pour devenir un grand joueur. J’ai vraiment eu un très bon rapport avec lui. »

Contre les équipes allemandes tu marques souvent (1 but contre Schalke, 2 contre Dortmund) : qu’est ce que tu as en réserve pour le Bayern ?

« Je ne sais pas pourquoi mes prestations sont bonnes comme cela contre les équipes allemandes. Avec le Bayern ce sera très dur, mais je veux continuer ma bonne série. »

Comment on bat le Bayern ?

« Pour eux le match aller sera très difficile car ils trouveront l’enfer dans notre stade. Au Stadium nous n’avons concédé qu’un seul but durant les 9 derniers matchs. Nous sommes une équipe qui court, nous avons un jeu avec une forte intensité et nous nous aidons les uns les autres. Contre le Bayern nous appuierons sur l’accélérateur en étant très attentifs pour ne pas commettre d’erreurs : l’équipe de Guardiola en profiterait aussitôt et contrarierait nos efforts, ce qui pourrait nous priver de la qualification. »

Tu es d’accord avec le fait que la Juve devra surtout empêcher le Bayern d’envoyer des ballons à Lewandowski ?

« Pour moi c’est l’attaquant le plus fort d’Europe. Le voir jouer est une joie pour les yeux. Je le suis souvent avec le Bayern et la sélection polonaise. »

Qu’est-ce qui te différencie de Lewandowski ?

« Mon rôle est d’attaquer mais je retourne aussi souvent en arrière pour aider l’équipe, mon champ d’action est plus large. »

Le Bayern est sans défense (sans Boateng, Martinez et Badstuber), pour eux ce ne sera pas facile. Kimmich pourrait jouer en défense et pourrait être ton adversaire direct. Il est rapide mais petit par rapport à ton 1,90 mètres. Ce sera un avantage pour toi ?

« Mon ami Carvajal m’en a parlé. Kimmich compensera son éventuel désavantage physique par l’intelligence. Le fait qu’il joue au Bayern en dit déjà long sur ses qualités. »

Tu sais qu’Ancelotti pourrait appeler Carvajal pour son nouveau Bayern ?

« Ça ne m’étonnerait pas : aujourd’hui il est l’un des meilleurs défenseurs d’Europe et un bon gars. Il est très demandé. »

Ton coéquipier Paul Pogba a lui aussi beaucoup de demandes (notamment de Barcelone et City)

« Paul est un ami. C’est un joueur en croissance permanente, un grand talent. Sa présence physique sur le terrain est impressionnante. La Juve a besoin de lui. »

On dit que la Juve t’a fait renaître : comment est-ce arriver ?

« En réalité, je n’avais pas l’esprit libre à Madrid : je voyais qu’il  n’y avait aucune possibilité de trouver de l’espace. J’ai reçu de nombreuses offres. La Juve est venue chez moi, m’a fait une bonne proposition et tout à coup ma force mentale et mon envie d’y croire sont revenues. »

Beaucoup de rumeurs circulent sur ton contrat avec la Juve (le Real peut exercer un droit de rachat pour 32 millions, mais seulement si Alvaro accepte)

« Il y a deux mois j’ai signé un nouveau contrat de 5 ans avec la Juve, soit un an de plus que ce qui était prévu à l’origine. Pour moi c’est le motif d’une grande satisfaction et cela me donne une motivation en plus pour le futur. »

Les meilleurs joueurs d’Europe rêvent du Real et sont prêts à accepter immédiatement une proposition de Madrid (comme Toni Kroos), toi à l’inverse, tu as décidé de t’enfuir…

« Kroos a été le meilleur joueur du Mondial, il pouvait choisir n’importe quel club. J’ai décidé différemment par rapport à lui car je cherchais une possibilité de jouer qui ne m’a jamais été donnée à Madrid ; et cela indépendamment de ce que désirent la majeure partie des joueurs européens. »

Quel est selon toi le meilleur championnat d’Europe ?

« En Italie c’est la tactique qui domine, toutes les équipes sont bien organisées. En Espagne, on joue un football plus rapide. En Bundesliga et en Premier League, la tactique est quasiment absente mais on y joue un bon football. A la fin, c’est seulement une question de goûts. Tous les championnats me plaisent. »

Au Real tu as connu Ancelotti, comment est-il ?

« C’est une personne tranquille et agréable. Il est très bon pour gérer les grands joueurs. J’ai un très grand respect pour lui-même s’il m’a peu fait jouer. »

Buffon pourrait être ton père : quel est ton rapport avec lui ?

« Pour moi c’est un honneur de jouer avec Gigi. C’est un très grand du football mondial, une personne intelligente. Quand je serais vieux je pourrais dire que j’ai joué avec une légende. Gigi a beaucoup de charisme, il est très agréable et il se met tous les jours à disposition des plus jeunes pour les conseiller au mieux. Etant petit, j’ai regardé la finale du Mondial de 2006 et j’étais très heureux pour lui. C’est Buffon qui nous booste en vue de la rencontre avec le Bayern. »

Mardi prochain tu vas retrouver Arturo Vidal, un des anciens leaders de la Juve

« Je ne peux parler qu’en bien d’Arturo. Je m’asseyais toujours à côté de lui dans le bus. Je ne sais pas pourquoi il est allé au Bayern, mais je respecte son choix. »

Et que peux-tu nous dire à propos du jeune Kingsley Coman ?

« C’est un des joueurs que j’ai vu qui a le plus de potentiel. En Bundesliga il a plus d’espaces, il se trouve souvent en situation de un contre un dans lesquels il peut faire valoir sa grande rapidité et sa technique. Il a des qualités incroyables. A la Juve il jouait au milieu de terrain, il était moins libre tactiquement. Il se trouvait souvent dos aux cages, une situation qui n’était pas idéale pour lui. »

C’est vrai qu’à 12 ans tu as dû redoubler une classe car cela n’allait pas bien à l’école et que tu n’avais que le football en tête ? Quelles étaient les matières où tu t’en sortais le moins ?

« Oui, mais à la fin j’ai réussi à terminer le lycée. En Italie et en Espagne, la note plus haute est 10. Je ne l’ai atteinte que 2 fois en copiant sur mes camarades. Deux autres fois j’ai aussi eu 0 car les professeurs m’avaient surpris en train de copier. »

Tu n’as jamais pensé à un autre métier que le football ? Mannequin par exemple, tu en as toutes les caractéristiques… 

« Beaucoup de gens me disent que j’aurais pu être un très bon joueur de tennis. J’ai eu beaucoup de propositions mais la mode ne m’a jamais vraiment intéressé. Aujourd’hui, il y a seulement le football qui compte, dans le futur nous verrons. »

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