Coup de tonnerre du côté de Turin, après 7 ans de bons et loyaux services au sein du club bianconero, Leonardo Bonucci s’en est allé. Les causes de ce départ restent floues et non expliquées. Seules des rumeurs dans la presse attestent des potentiels problèmes ayant divisés la Société et le défenseur italien. Retour sur son parcours à la Juventus.

Un jeune espoir prometteur

Prêté durant 2 ans par l’Inter, il fini par rejoindre l’AS Bari pour une saison, de 2009 à 2010, qui le mettra en lumière. A 23 ans, il s’impose au sein de la défense de Bari et montrera une bonne technique et de la régularité. En duo avec Ranocchia, ils sont les jeunes défenseurs italiens les plus prometteurs. A l’issue de cette saison, Ranocchia se blesse, il reste donc Bonucci à choisir et l’Inter souhaiterait le racheter mais après bataille, c’est finalement la Juventus qui prendra le dessus.

Il arrive donc du côté de Turin en 2010, avec le statut de jeune prometteur et à confirmer. On prédisait à Ranocchia la meilleure carrière entre les deux défenseurs, c’est pourtant bien Bonucci qui a explosé à la Juve et même en équipe nationale. La mise du club sur ce jeune espoir s’avère rapidement payante pour le futur.

La révélation

Ses débuts sont chaotiques, avec de nombreuses bourdes défensives, un manque d’assurance et de constance, beaucoup de critiques arrivent et remettent en question ses capacités à se révéler dans un grand club. Cependant, le défenseur prend son temps et continue de s’améliorer chaque jour un peu plus.

En peu de temps, le jeune italien a progressé, à vitesse grand V. Obtenant sa place de titulaire, devenant un point de référence, un pilier d’une défense qui, au fil du temps, est montée au rang d’une des plus fortes au monde.

Deux ans après son arrivée seulement, la Juve recommençait déjà à gagner pour ne plus s’arrêter ensuite.

Le mental Da Juve

Le futur aura lié les deux parties, Juve et Bonucci, de manière indélébile : le même regard fixe sur les objectifs à atteindre, une envie de le faire ensemble et de vivre des expériences extraordinaires, ainsi qu’une faim de victoires insatiable.

Dans les triomphes et dans les moments difficiles, dans les phases plus délicates et les grandes cavalcades, il a toujours été un pilier et une force pour l’équipe. Il était, comme la plupart des joueurs les plus expérimentés du vestiaire, un guide pour les nouveaux arrivants, pour faire comprendre ce que signifie d’avoir l’ADN de la Juve et ce que cela représente au quotidien ; reprenant régulièrement que l’important n’est pas de gagner mais que c’est l’unique chose qui compte. Se rendre ou abandonner n’est donc jamais une option pour lui et il l’aura démontré à de nombreuses reprises sur le terrain.

Fort de l’imprégnation de cet ADN victorieux et volontaire, il aura accumulé 319 présences sous le maillot bianconero n°19 et aura inscrit 19 buts (coïncidence ?). Avec le club bianconero il aura finalement soulevé 6 Scudetti, 3 Coupes d’Italie et 3 Supercoupes. Manque seulement la Ligue des Champions au tableau de chasse, dont il aura pourtant atteint deux fois les portes du titre en 2015 et 2017.

L’apogée en bianconero

Resté 7 saisons à la Juventus, il aura signé ses plus belles années entre 2014 et 2016. L’apogée d’une carrière qui aura décollée à Turin. Doté d’une vue du jeu excellente sur le terrain, il ne se contente pas de défendre à son poste. Son jeu au pied s’améliore rapidement jusqu’à lui permettre de signer des passes et relances en profondeur qui trouvent régulièrement leur destinataire, le ballon traversant le terrain de façon précise et millimétrée.

Pilier de la défense, il est l’un des joueurs le plus sollicité et joue presque tous les matchs à chaque saison.  Indispensable, il complète à merveille le trio magique qu’il compose avec Barzagli et Chiellini. La BBC règnera longtemps sur les attaques de Série A, donnant du fil à retordre à tous les adversaires, même en Europe.

Entre hauts et bas, vers la sortie

La saison 2016-2017 commence au mieux et le joueur réitère tout son amour pour la Vieille Dame en refusant de grosses offres européennes de transfert. Il décidera pourtant de rester après avoir pesé le pour et le contre : «Dire non au Barça et à Manchester City n’a pas été chose facile. Comment ça aurait pu l’être, quand tu sais que le meilleur entraîneur du monde te veut? Mais la Juventus est ma maison, et je suis heureux d’y être resté. Mon rêve, c’était de gagner avec ce maillot et aujourd’hui je suis là, prêt à m’améliorer et à me remettre en question pour faire en sorte que cette équipe entre dans la légende.»

En décembre, Bonucci prolonge son contrat avec la Juventus jusqu’en 2021, un signe fort qui montre la liaison entre le club et le joueur, qui lui accorde une confiance importante pour le futur, on parle d’ailleurs régulièrement de lui comme futur capitaine de la Juventus, pour son leadership tant sur le terrain qu’en dehors. Fier de cette responsabilité, il renouvelle ainsi son envie de continuer le chemin avec la Vieille Dame : « Il y a beaucoup d’objectifs qui sont de marquer encore plus de mon empreinte cette Société, de m’améliorer encore d’un point de vue personnel et de continuer à avoir cette passion à l’intérieur, qui m’aide dans les moments difficiles et qui valorise encore plus mes capacités. Je suis au sommet de la montagne et le vent souffle fort, je dois continuer à m’améliorer pour rester au sommet et continuer sur ce chemin fait d’humilité, de sacrifices, de volonté et de progrès continus. Ce renouvellement me responsabilise encore plus mais c’est encore plus pour moi un avantage et une stimulation pour donner chaque jour encore plus, à l’entrainement, dans chaque match, pour ce maillot qui est mon maillot. »

Il sera confronté au cours de la saison à un petit claquage qui l’arrêtera un moment mais surtout aux graves problèmes de santé de l’un de ses enfants. Recevant beaucoup de soutien de son club mais aussi des tifosi de toute l’Italie, quelque soit leur club de cœur. Cette période s’avère compliquée pour le défenseur qui s’éloignera pendant quelques matchs des terrains. La situation finira par s’arranger heureusement et tout rentrera dans l’ordre pour la famille Bonucci.

De retour sur les terrains, les matchs passent, sa constance et sa régularité ne sont pas remises en question. C’est en février que les premiers signes de flottement se font sentir. Après une altercation avec son entraîneur, Massimiliano Allegri, lors du match contre Palerme, il est décidé qu’il sera mis en tribune pour le match qui suit en Ligue des Champions contre Porto. Tout semble ensuite rentrer dans l’ordre.

La Juve est championne d’Italie pour la 6ème fois consécutive et remporte la Coupe d’Italie. Il ne lui reste plus que la finale de la Ligue des Champions à disputer contre le Real Madrid. Avec le résultat que l’on connait. Inexistante en 2ème période, elle s’effondre et les espagnols soulèvent la Coupe. Mais que s’est-il passé à la mi temps pour que l’équipe s’éteigne et disparaisse à ce point ?

Le mystère reste longtemps entier puis des rumeurs envahissent la presse et les réseaux sociaux au sujet d’une possible altercation dans les vestiaires à la pause, entre d’un côté Dani Alves et Bonucci, et de l’autre le reste de l’équipe. Rien ne confirme tout ce qui a pu être dit ou écrit. Les joueurs sont-ils allés trop loin dans leurs mots ? En sont-ils venus jusqu’aux mains ? Ou bien rien de tout cela n’a-t-il réellement eu lieu ? Nul ne peut le dire sinon les personnes présentes et rien n’a fuité, les joueurs démentant même ces rumeurs. Il serait pour cela abusif d’attribuer la défaite à ces deux seuls joueurs, tant le naufrage était de toute façon collectif.

Il n’en reste pas moins que le malaise est palpable et que ce qu’il s’est passé est sûrement grave. Après le départ d’Alves, c’est au tour de Bonucci de quitter le club. La coïncidence est troublante.

L’entente entre Allegri et Bonucci n’était visiblement plus au beau fixe et c’est le joueur qui aurait demandé à son agent de lui faire quitter le club car il ne pouvait plus travailler avec lui. Pour sa famille, et on devine sûrement en raison des problèmes de santé de son fils, il demandera juste à ne pas être cédé ailleurs qu’en Italie.

Le club bianconero, probablement soucieux de préserver la paix dans le vestiaire, accède à sa demande et c’est ainsi qu’éclate au grand jour le départ de Bonucci.

Destination Milan

Arrivé à l’entraînement avec ses coéquipiers, il leur fait ses adieux avant de se diriger au siège de la Juventus à Turin, puis de rejoindre enfin son nouveau club, le jour même. Destination : le Milan AC.

L’accord entre les deux clubs pour la cession de Bonucci se monte à 42 millions d’euros, payable en 3 exercices. Ce qui représente un effet économique positif d’environ 39.5 millions d’euros pour la Vieille Dame.

Ses mots

C’est dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport et sur les réseaux sociaux que Bonucci a choisi de dire au revoir au monde juventino à travers le message suivant :

« 7 saisons sont passées.

7 saisons de victoires, de rêves réalisés, de progression survenue au travers du lien empathique et exceptionnel avec la Juve, dans entièreté absolue.

6 scudetti, tous vécus et conquis en luttant.
Il reste bien sûr le très grand regret de ne pas avoir remporté la Ligue des Champions, la fierté reste cependant majeure pour les succès obtenus et pour avoir fait parti d’une grande Famille.

J’ai toujours tout donné, vraiment, jusqu’au bout.
J’ai reçu, donné et appris.

Ce que je vois aujourd’hui en regardant derrière moi est quoiqu’il en soit une histoire splendide, digne de se conclure dans un total respect et affection, sans attaquer ce que j’ai vécu ensemble avec la Société, le Capitaine, les coéquipiers et les tifosi.

Merci pour tout, Juve.

#LB19 »

Les au-revoir de son capitaine à la Juve, Gianluigi Buffon, ne se sont pas fait attendre et il lui a adressé ces quelques lignes sur les réseaux sociaux : « Compagnons d’équipe. Compagnons de voyage. Nous avons parcouru un bout de chemin ensemble. Un chemin victorieux. Je te souhaite le meilleur pour ton nouveau chemin. Mais tu me manqueras… »

Le capitaine a été rapidement suivi par l’un des membres de la BBC, Andrea Barzagli, qui s’est aussi exprimé sur les réseaux sociaux : « Nous avons passé des années fantastiques comme coéquipiers, pleines de victoires et d’exploits. Nous avons progressé, nous nous sommes soutenus et nous avons trouvé un feeling avec Gigi et Giorgio que je n’avais encore jamais ressenti. Ça me fait bizarre de ne plus te voir dans le vestiaire, ce même vestiaire que certains ont décrit comme divisé récemment, avec des inventions et des fantaisies sur des litiges et des bagarres. Mais nous, nous connaissons la vérité. Bonne chance pour ta nouvelle aventure Leo. »

Les adieux

Alors que beaucoup de tifosi crient au scandale pour ce départ inattendu et soudain, il reste clair que tout n’a pas été dit autour des coulisses du transfert et des rapports qui se sont si vite dégradés entre le club, son entraîneur et son joueur, qui aurait dû devenir une légende du club en continuant sur sa voie.

Si la colère peut prendre le pas sur les récents événements, il reste impossible à effacer : les souvenirs des trophées remportés avec le concours de Bonucci, sa faim, sa grinta, son leadership, son esprit guerrier sur le terrain, personnage à l’air sympathique en dehors, lui qui aura toujours tout donné jusqu’au bout en bianconero. L’histoire s’arrête là, et pas de la plus belle manière qui soit. Cependant, pour tous les bons moments partagés pendant ces 7 ans, on ne peut que lui souhaiter une bonne continuation et bonne chance dans sa nouvelle aventure !

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