A quelques jours de la reprise du championnat (le mardi 6 janvier à 15h contre l’Hellas Verona), Paul Pogba s’est confié au quotidien turinois La Stampa. Entre le bilan de l’année 2015, le poids du numéro 10 et les ambitions pour 2016, le français aborde tous les sujets sans retenu.

Paul Pogba, quel souvenir garderas tu de l’année 2015 ?
« Je me rappellerai surtout des dernières mois parce qu’ils ont été différents par rapport aux années précédentes, quand nous étions toujours premiers et nous arrivions comme ça. Maintenant, c’est différent ».

Et la finale de Champions ?
« Je m’en rappellerai aussi, et je veux la gagner un jour. Nous l’avons perdue mais comme on dit, on apprend des défaites et des erreurs ».

Qu’est ce que la Juve sans Pirlo, Vidal et Tevez ?
« Elle est différente. D’autres joueurs ont plus de responsabilités. Après, nous devons surtout penser à jouer encore plus ensemble ».

Tu as toi aussi plus de responsabilités ?
« Automatiquement, oui. Avant, j’avais Pirlo à mes côtés et un de mes adversaires était toujours sur lui. Maintenant, ils se mettent tous sur moi : c’est un peu différent ».

Tu te sens comme un numéro 10 aujourd’hui ?
« Qu’est ce que ça veut dire ? Je ne suis pas un dix, en tant que position sur le terrain. Je me sens comme un milieu de terrain et c’est un honneur de porter le numéro de ceux qui ont gagné le Ballon d’Or. C’est un maillot pesant dans l’histoire de la Juve et je veux l’honorer ».

Platini, Baggio, Del Piero, Tevez : ils l’ont tous porté. Tu n’y penses jamais ?
« Quand je regarde mon maillot, je ne vois ni mon numéro ni mon nom, je ne vois que la Juve : avec l’envie de me donner à 100%. Et gagner ».

Plus de devoirs ou plus d’honneur ?
« C’est un honneur, peut-être que pour d’autres ce sera dur à porter. Pour moi, ça ne change rien, je suis sur le terrain avec le joie de jouer : 10 ou 27, c’est pareil ».

C’est pour ça que tu écris +5 au stylo sur ton maillot ?
« Pour faire mon ancien numéro 6 ? Peut-être, ça dépend de comment les gens le voient. Parfois, je fais les choses comme ça, c’est comme avec mes cheveux : ça me va alors je le fais ».

Combien de fois tu les changes ?
« Toutes les semaines ».

On te confond encore avec Balotelli ?
« Non, c’était seulement les premiers mois à Turin. Après le premier but au Napoli, je suis devenu Pogba. Maintenant, ma vie a changer, je ne peux plus me promener tranquille. Je suis grand et avec ces cheveux, ils te voient tout de suite. Mais l’affection des tifosi est belle à voir ».

Tu revois tes matchs ?
« Au début, je regardais tous les matchs. Maintenant, nous avons une application sur le téléphone et je ne revois que mes gestes ».

Tu ne t’énerves jamais ?
« Toujours. Je suis un perfectionniste, mon père m’a appris à l’être. Et même Evra me dit souvent : hey, ne sois pas si dur avec toi-même. Mais je suis fait comme ça et je me dis toujours  »Mais je ne peux pas rater ces choses ». Si tu n’es pas comme ça, tu n’atteindras jamais la perfection ».

Chaque fois que tu es pris en photo quelque part, à Monaco ou à Manchester, on pense à ton futur. Ca te dérange ?
« Si on me voyait en Chine, il y aurait quelqu’un pour dire que je vais jouer là-bas ».

Comme la photo avec Messi ?
« Exactement. Cependant, je n’ai pas Instagram. Seulement Twitter ».

Platini a dit que tu n’étais pas une vraie star parce que tu marques trop peu : déçu ?
« Il a dit ça ? Je ne le savais pas. Mon objectif est d’aider l’équipe : après, si je marque, c’est mieux ».

C’est vrai que Raiola, ton agent, te dit de ne pas regarder la télé ?
« Je la regarde déjà peu. Juste les matchs, je ne prête pas attention à ce qu’on dit sur moi ».

Qu’est ce qui te plaît ?
« La Premier League, la Liga. J’observe les joueurs qui jouent au même poste : Yaya Touré, Iniesta, Arturo (Vidal ndlr) pour voir où je peux encore m’améliorer. Mais aussi les attaquants et je me demande :  » comment ils font pour marquer autant de buts  ». Je cherche à apprendre quelque chose d’eux aussi, pour progresser ».

Cette Juve est-elle meilleure que celle de la saison dernière ?
« On ne peut pas le dire : qu’elle gagne ou non. On peut dire que les autres équipes se sont renforcées ».

Qui fait peur pour le Scudetto ?
« Personne » .

Dybala t’a surpris ?
« Non, je l’ai toujours dit : c’est mon phénomène ».

Pourquoi ?
« Jouer à la Juve et faire ce qu’il fait sur le terrain, c’est phénoménal ».

Qu’est ce que tu admires chez lui ?
« Sa technique. Et puis personnellement, j’adore les gauchers : c’est pour ça que j’essaie d’apprendre à tirer avec le pied gauche ».

Qu’est ce que tu lui as dit à son arrivée ?
« Juste de jouer et de ne pas penser au fait d’être jeune parce que sur le terrain, nous sommes tous égaux. Je lui ai dit :  »tu es fort, vas-y et donnes nous un coup demain » ».

Ils sera Ballon d’Or un jour ?
« Il peut y arriver. Tu sais comment je le surnomme ? Carré R2, les boutons sur lesquels tu dois appuyer sur Playstation pour faire des tirs enroulés : tu marques toujours comme ça ».

Qui choisis tu sur Playstation ?
« La Juve, le Barça, le Real et City. Je joue aussi avec moi-même et parfois je m’énerve. Pourquoi le Pogba des jeux vidéo joue mieux que moi ? Comment c’est possible ? » (sourire).

Kondogbia est plutôt moyen. Tu t’y attendais ?
« Je l’ai vu, et au début il jouait. Après, je ne sais pas si il y a quelque chose avec l’entraîneur. Mais il est très bon : ce n’est pas facile de venir en Italie et cartonner tout de suite, avec toute la tactique qu’il y a. Il faut une période d’adaptation ».

Dans le vestiaire, tu préfères parler ou écouter ?
« J’écoute les vieux et ensuite je parle. Mais surtout, je veux gagner. Je me prends la tête, mais je préfère ne pas parler quand je suis énervé, ce n’est pas le bon moment ».

Tu discutes de la Juve avec Deschamps ?
« Oh oui! La Juve c’est son club, il l’aime tellement. Il regarde toujours nos matchs ».

Il t’a trouvé meilleur ?
(sourire) « Deschamps, au mieux, il te dit : c’est bien. C’est le maximum au niveau des compliments ».

Il t’a donné un conseil ?
« Paul, joue simple ».

La France peut gagner l’Euro ?
« Avec l’équipe que nous avons, nous pouvons aller très loin : je ne dis pas qu’on gagnera avec certitude mais on peut le faire. L’Italie aussi peut aller loin ».

Tu as changé ta façon de jouer ?
« Je ne pense pas, vu qu’il y a toujours les même critiques ».

A savoir que tu fais trop de gestes techniques ?
« Parfois, je dois trouver le bon moment pour faire ces choses et le bon moment pour passer. Pour ça, je regarde Iniesta ».

Qu’est ce que souhaites pour 2016 ?
« Faire mieux qu’en 2015 ».

Ca signifie battre le Bayern, en huitièmes de finale.
« Il y a une mauvaise nouvelle : on aurait pu tomber sur une équipe plus faible. Et une bonne nouvelle : tout le monde s’attend à ce qu’on perde, comme lors de la demi-finale contre le Real la saison dernière ».

Qu’as tu pensé de ce tirage ?
« Je savais qu’on serait tombé sur le Bayern, je l’avais dit à Coman ».

Comment l’as tu salué ?
« Je lui dis d’être heureux. J’étais content pour lui parce qu’il allait jouer et c’était ce dont il avait besoin ».

Ca ne te paraît pas bizarre que ce soit plus facile de jouer au Bayern qu’à la Juve ?
« Les gens doivent savoir qu’à la Juve, rien n’est facile. Il y a une culture du travail différente par rapport à l’étranger. Moi, j’étais à Manchester, j’avais l’impression d’être en vacances. Ici, on travaille énormément. Et tous ces Scudetti, on ne les a pas volés : c’est le travail, jusqu’au bout. Et puis il y avait Tevez, il y a Morata : pour un attaquant, ce n’était pas facile de jouer ».

Tu retrouves aussi Vidal : ce sera plus dur pour lui ou pour toi ?
« C’est plus difficile de jouer contre Arturo ».

Pire que d’affronter Pogba ?
« Moi je ne suis personne, et je n’ai encore rien fait ».

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