Si le mercato en entrée de la Juventus ne devrait pas décoller cet hiver, Marotta et Paratici sont entrain de se déchaîner sur les jeunes. Après s’être fait chiper Verratti par le Paris Saint Germain, la direction a décidé de travailler intensément sa politique de recrutement des jeunes avec un objectif bien précis en tête : leur mettre la main dessus le plus tôt possible. Mercato après mercato, le staff bianconero déniche les pépites, négocie, et garde l’espoir de les voir incarner, un jour, le futur de la Juventus.

La méthode Paratici 

Dans le tandem du mercato bianconero, c’est toujours Fabio Paratici qui a joué les premiers rôles en la matière. Marotta se fie totalement à la vision du directeur sportif et se contente généralement de mener ou conclure les négociations. A la Sampdoria déjà, les rôles étaient répartis de cette manière là. Et Fabio Paratici avait ainsi découvert des jeunes comme Pedro Obiang, Roberto Soriano (sur lequel il garde un oeil) et un certain Simone Zaza… Transférer ce modèle traditionnel pour les provinciali (il suffit de voir des clubs comme l’Udinese et Palermo exceller dans le domaine) à une grande société comme la Juventus n’a pas été chose aisée. La Juventus a toujours eu du mal à valoriser ses jeunes et si la génération des Marchisio, Giovinco et De Ceglie a réussi à se faire une place au premier plan (pendant un moment en tout cas), elle le doit en partie à la relégation en Serie B. Aussi pour organiser cette politique, Marotta et Paratici n’ont pas regardé ce qu’ils avaient à disposition dans le vivier bianconero mais sont allés voir ce que les provinciali avaient à proposer en accordant la priorité aux italiens. Ainsi, ils ont mis la main sur Gabbiadini lorsqu’il était à l’Atalanta (qu’ils avaient initialement découvert à la Samp’) puis Rugani à l’Empoli et Berardi au Sassuolo. Puis ils ont découvert Richmond Boakye alors qu’il était au Genoa et plus récemment Stefano Sturaro, qu’on ne présente plus. Les exemples sont nombreux…

La dimension internationale de la Vieille Dame les a également poussé à mener leur politique à un autre niveau. En 2012, le tandem Marotta-Paratici réalise un de ses meilleurs coups lorsqu’il parvient à tirer Pogba des mains de Ferguson sans débourser un seul euro. Les dirigeants réaliseront la même chose deux ans plus tard avec Kingsley Coman sans la réussite sportive qui va avec, mais le français pourrait, en tout, ramener 28 millions d’euros à la Vieille Dame. Car c’est aussi là une des forces de la politique menée par la Juventus : si elle n’a pas toujours la garantie du succès sportif ou la possibilité de faire exploser ces jeunes, elle parvient à en tirer des richesses. Ciro Immobile et Manolo Gabbiadini, par exemple, ont ainsi rapporté près d’une dizaine de millions d’euros chacun.

Aujourd’hui, la Juventus continue sa razzia sur les jeunes. Elle vient d’acheter Rolando Mandragora pour 6 millions d’euros et autant en bonus (Officiel : Mandragora à la Juventus). Soit potentiellement 12 millions d’euros, la même somme déboursée par le PSG pour Marco Verratti. Elle a laissé la voie libre au Sassuolo pour Stefano Sensi, tout en prenant le soin de prendre une option sur le jeune joueur et souhaite mener la même opération pour le latéral gauche brésilien Rogerio et l’attaquant italien Marcelo Trotta (Avellino) toujours avec Sassuolo. Cette semaine, elle a aussi avancé ses premiers pions pour acquérir Castrovilli, jeune trequartista de Bari, qui fêtera cette année ses 18 ans. Enfin, les deux jeunes de la Sampdoria Pedro Pereira (latéral droit de 18 ans) et Federico Bonazzoli (attaquant de 19 ans, l’Inter dispose d’une option de rachat d’environ 9M sur lui) sont également sur les tablettes de la Vieille Dame.

Investir sur la formation

Pour demain, le plus gros défi de la Vieille Dame sera de réussir à valoriser les jeunes de sa primavera. Cette semaine encore, Mattia Vitale (déjà aperçu en équipe première) et Udoh « King » ont rejoint le Virtus Lanciano en Serie B, sans l’assurance de les revoir un jour au plus haut niveau. D’autres jeunes comme Stefani Beltrame et Fausto Rossi (tous les deux à la Pro Vercelli) ou encore Stefano Padovan (Lanciano) se sont perdus dans cette même Serie B; Magnusson va quitter Cesena prématurément… Pour rendre ses jeunes plus compétitifs donc, la Juventus investit beaucoup sur sa formation. Elle a créé le « J-College », un lycée unique en Italie, et le centre sportif de Vinovo sera mis à disposition des équipes jeunes lorsque le groupe pro et la primavera déménageront vers la Zone Continassa, à côté du Juventus Stadium, en 2017. Ces équipes disposeront alors d’infrastructures dignes de grands clubs.

Enfin la Vieille Dame travaille dur avec Fabio Grosso pour valoriser les jeunes de sa primavera mais se heurte aussi aux limites d’un système à réformer. Si Beppe Marotta et Andrea Agnelli, en association avec d’autres grands clubs comme la Roma, font tout pour imposer le concept d’équipes B, c’est justement pour pouvoir plonger tous ses jeunes dans un environnement plus professionnel, plus compétitif et marqué par la culture du club à la fois en termes de mentalité et de tactique. Le concept a fait ses preuves en Espagne. Malheureusement, la Fédération se montre insensible à ce pressing et devrait, sous l’impulsion du président laziale Claudio Lotito, opter pour le système de copropriété (la possibilité de posséder deux clubs). Une réforme qui ne convainc pas la Juve qui garde cependant un espoir après que le président de la Lega Pro (troisième division), Gravina, ait relancé le débat en se disant ouvert à l’accueil d’équipes B. Quoiqu’il en soit, rien ne saurait détourner la Vieille Dame de son objectif :  devenir LA référence en termes de formation en Italie.

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