Atalanta-Juventus, un « super match » que Alessio Tacchinardi sera ravi de commenter pour la télévision italienne vendredi soir. Cette rencontre n’a rien d’anodin puisqu’elle voit s’affronter deux clubs qui ont eu un rôle fondamental dans sa carrière. En janvier 1993, alors qu’il n’a que 17 ans et demi, Marcello Lippi, qui entraînait l’Atalanta à l’époque, le lance titulaire en raison d’un grand nombre de blessures au milieu. Déjà considéré comme l’un des meilleurs éléments du centre de formation lombard, Alessio Tacchinardi séduit très vite Lippi. Un an plus tard, alors qu’il est installé sur le banc de la Juve, le mister demande à ses dirigeants de le recruter. La suite, on la connaît…

A l’aube donc de cette très belle confrontation, Tacchinardi donne sa vision du match et de la saison de la Juventus au quotidien local L’Eco di Bergamo. Extraits.

« Un match à cent à l’heure »

Pourquoi un super match ? Au fond, vu le classement, un bon match nul pourrait arranger tout le monde…
« Il n’y aura pas match nul. A moins qu’il survienne au terme d’un match extraordinaire. Mais les sensations et la perception suggèrent autre chose. Je ne peux pas imaginer un autre match qu’une confrontation à cent à l’heure. Ce sera digne d’une finale et pour deux raisons. D’abord parce que ce sont les deux équipes les plus en forme du moment. Et ensuite parce que chacun joue un gros morceau de son extraordinaire saison sur ce match ».

Mais la Juve a une large avance sur la Roma et le Napoli et s’apprête à jouer une demi-finale de Ligue des Champions à Monaco.
« Allegri considérait que le match contre le Genoa pouvait être celui du Scudetto mais celui contre l’Atalanta pourrait être l’étape décisive ».

Donc selon vous, tous les gros joueurs joueront, à commencer par Dybala et Higuain ?
« En ce moment, la Juve se trouve bien avec ce module. Plus ils jouent comme ça, mieux c’est. La position de Mandzukic peut varier en fonction de la présence ou non de Cuadrado. Mais Higuain, par exemple, a besoin de se débloquer. Contre le Genoa, il est resté à sec ».

Alors pour l’Atalanta, il n’y aura rien à faire ?
« En ce moment, la Juventus est un rouleau compresseur. Je la vois favorite. Il suffit de voir comment ils ont éclaté le Genoa ».

Il se dit que les joueurs de la Juve pensent et croient au triplé. C’est vrai ?
« Oui, oui. J’ai récemment parlé avec Nedved et il m’a dit que cette équipe a faim, très faim. Même eux ne savent pas jusqu’où ils peuvent aller ».

« Peu de blabla, beaucoup de faits »

Vous avez vécu vécu deux expériences intenses avec l’Atalanta et la Juventus.
« De mes 11 ans à mes 33 ans, d’abord avec l’une, ensuite avec l’autre. Une belle chance parce qu’on grandit bien dans chacune de ces équipes. Si tu prends la grosse tête, ils te ramènent tout de suite sur terre. Et puis ce sont deux sociétés similaires dans leur façon de progresser, même avec des objectifs différents. Peu de blabla et beaucoup de faits ».

Caldara semble destiné à vivre une carrière comme la votre.
« Il doit encore réussir le grand saut. Cependant, je l’ai récemment rencontré pour une interview. Et aujourd’hui, ce n’est pas facile de trouver un garçon aussi humble, avec aucune présomption et qui a surtout une grande envie d’apprendre. C’est quelqu’un qui ne te trahira jamais ».

Mais la Juve va vraiment le laisser une saison de plus à Bergame ?
« Ca dépend. Il faut voir qui reste et qui s’en va parmi les défenseurs qui sont là. Je pense à Benatia, qui s’attendait probablement à être plus utilisé par Allegri. Cependant, il y a aussi Rugani qui est entrain de convaincre définitivement son entraîneur ».

Mais les trois sénateurs que sont Barzagli, Bonucci et Chiellini ne commencent pas à être usés ?
« Je ne vois aucune faille dans leurs prestations. Chiellini a même disputé un match extraordinaire à Barcelone, contre Suarez. Bonucci semble avoir l’envie de conquérir le monde. Et Barzagli n’était pas en reste lorsqu’il est entré au Camp Nou. Le match aurait pu se poursuivre pour toute la nuit, la Juventus n’aurait jamais encaissé de buts ».

Vous êtes revenu à Bergame de nombreuses fois avec la Juve, des souvenirs ?
« Gagner le Scudetto avec un match nul 1-1, ici à Bergame, a été le souvenir le plus émouvant. C’était une Atalanta forte, qui était en passe de se qualifier pour la coupe de l’UEFA. Ce fut une grande fête, et il pourrait y en avoir un autre vendredi ».

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