La Juventus a remporté hier la Viareggio Cup pour la 9ème fois de son histoire, égalant ainsi le record du Milan. Bien que privé de la Roma, la Lazio, le Chievo (trois équipes de premier plan chez les jeunes) et de nombreux jeunes champions convoqués en équipes nationales U17 et U19, le tournoi a offert un spectacle satisfaisant. Et il a surtout consacré les garçons de Fabio Grosso, brillants du début à la fin. Retour sur ce parcours et les enseignements qu’on peut en tirer.

Un tournoi survolé

Les bianconeri bénéficiaient du statut de favori pour ce tournoi : en tête de son groupe en championnat avec une série de 12 victoires consécutives, qualifiée en finale de Coppa Italia (les 7 et 13 avril contre l’Inter), la Juventus arrivait à Viareggio en pleine forme. Mais elle était aussi privée de deux de ses éléments principaux : Andrea Favilli (dont nous vous parlions récemment) et Romagna, tous deux convoqués par la Nazionale des moins de 19 ans. Fabio Grosso a cependant pu compter sur un groupe soudé et généreux.

Et ce groupe a au final survolé le tournoi, de la première rencontre face au Deportivo Camioneros (2-0) à la grande finale d’hier contre Palerme (3-2) en passant par l’humiliation du Milan en huitièmes de finale (4-0) et la demi-finale remportée aux tirs aux buts contre le Spezia. La Juve a connu quelques difficultés, contre le Spezia donc puisqu’il aura fallu se départager aux tirs aux buts ainsi qu’en finale. Mais de manière générale, les hommes de Fabio Grosso rendent une copie quasi parfaite.

Les protagonistes

Alessio Di Massimo : son histoire est un conte qui avait fait beaucoup parler, du moment où la Juve s’est penchée sur son cas en octobre 2015 puis lors de son arrivée en janvier. Repéré alors qu’il évoluait en Serie D à l’Avezzano par Aldo Jacopetti, l’observateur, n’a eu besoin que de deux matchs pour être convaincu. La Juve a suivi son expert et a donc signé ce jeune ailier qui rêve de vivre une carrière à la Torricelli, qui était lui aussi passé de la Serie D à la Juventus, où il a tout gagné entre 1992 et 1998. Si Di Massimo a eu quelques occasions de montrer son talent en championnat (un but à sa première apparition), ce tournoi représente pour lui la consécration : auteur de 3 buts dont celui de la victoire contre Palerme, il s’est montré à la fois rapide et puissant et a confirmé le potentiel qu’on voyait en lui. La Gazzetta, ce matin, lui accorde même la meilleure note du tournoi : un 8.

Guido Vadalà : présent dans le deal qui a permis le retour de Tevez à Boca, l’Argentin suscite les curiosités depuis son arrivée à la Juventus. Attendu au tournant dans ce tournoi, Guido a confirmé et finit meilleur buteur avec 4 réalisations. Excellent en un contre un et alternant les postes en attaque, le jeune Argentin ne sera jamais le « nouveau Messi » (il était surnommé ainsi en Argentine) mais a un modèle : Paulo Dybala.

Joss Didiba : arrivé en janvier de Pérouse, il était promis à un second rôle. Mais le Camerounais a gagné sa place au milieu de terrain pendant le tournoi. Auteur d’un doublé de la tête contre Bologne en quarts, il parvient à s’appuyer sur un physique puissant et endurant pour couvrir tout le milieu de terrain mais aussi prendre la profondeur et gagner ses duels aériens. Une surprise inattendue à suivre de près…

Yoan Severin : le défenseur français de la Primavera a réalisé un tournoi presque parfait, même si il a souffert un peu plus que d’habitude en finale. Cette compétition lui aura donc permis de valider sa progression, remarquable depuis son arrivée en provenance d’Evian Thonon Gaillard à l’été 2014.

Pol Lirola : le latéral droit a confirmé tout le bien qu’on pense de lui, à tel point qu’il a déclenché l’intérêt du Fc Barcelone, qui avait envoyé des observateurs sur place. Très actif sur son couloir droit, efficace à la fois défensivement et offensivement (un but et deux assists), la Juve aimerait voir en lui le successeur de Lichtsteiner. Mais pour cela, il devra confirmer au plus haut niveau.

Luca Clemenza : on veut avoir une grosse pensée pour le numéro 10 de la Primavera. L’attaquant, initialement défenseur central mais converti à ce poste par Fabio Grosso, avait très bien commencé le tournoi avant qu’il ne prenne une tournure dramatique contre Milan. Le jeune bianconero, victime d’une rupture des ligaments croisés du genou droit, sera absent des terrains pendant 6 mois. L’équipe lui avait d’ailleurs dédié la victoire en quarts contre Bologne.

Quel avenir pour cette équipe ?

Malheureusement, la victoire du Viareggio ne signifie pas forcément que l’avenir est tout tracé pour cette équipe. La Juventus a en effet gagné 4 des 8 dernières éditions du tournoi mais rares sont les anciens participants à s’être faits un nom. Ce tournoi ne suffira également pas à faire oublier une campagne européenne médiocre en Youth League (3ème place du groupe avec 4 défaites et 2 victoires).

Dans l’euphorie de la victoire, la tentation d’exalter ses garçons et de se dire que l’avenir de la Juventus est entre de bonnes mains est forte. Mais en Italie, il existe encore un gouffre entre le niveau requis pour jouer en Primavera et la réalité du monde professionnel, où les jeunes espoirs déchantent dans la majeure partie des cas. Certains garçons, Lirola en particulier, seront appelés en équipe première pour être testés pendant la préparation estivale et surtout pour respecter les règles imposant un quota de joueurs formés au club mais il faudra encore beaucoup progresser pour espérer ne pas finir dans l’anonymat de la Serie B.

En attendant une réforme du système de formation – mais qui n’ira certainement pas dans le sens qu’elle souhaite – la Juventus tient tout de même à valoriser cette victoire et surtout à transmettre à ses jeunes la philosophie du club : cette faim de victoires et cette culture du succès qui font, encore aujourd’hui, la différence. Ainsi, les messages de félicitations qui se sont multipliés depuis hier soir, via les réseaux sociaux, sont allés dans ce sens.

Massimiliano Allegri : « Soulever des trophées dès le plus jeune âge est important, gagner aide à gagner, surtout quand on joue bien. Bravo ! »

Leonardo Bonucci : « Bravo les garçons ! La première est ok mais le chemin est long, vous avez encore des rendez vous importants. Soyez concentrés et affamés ! »

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